Arnaque rachat de crédit : un conseiller qui reçoit un couple pour étudier son dossier
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Arnaques au rachat de crédit : 6 signaux qui doivent arrêter le dossier

Les montages décrits par les autorités et les procédures publiées par l'administration, repris le 7 septembre 2026 : ce qui doit arrêter un dossier, et ce qui se fait quand l'argent est déjà parti.

AE
Ayoub El Amrani — Fondateur du site. A dirigé EmpruntGo, société de financement aux particuliers, de 2016 à 2024.
Publié le 6 septembre 2026 · Mis à jour le 6 septembre 2026
Réponse courte

Comment savoir si c'est une arnaque au rachat de crédit ?

Six signaux reviennent dans tous les dossiers : une somme réclamée avant le déblocage, un accord annoncé sans étude de votre situation, un nom ou un numéro qui ne concordent pas avec les registres publics, un moyen de paiement inhabituel, un appel que vous n'avez pas sollicité, une urgence fabriquée.

Le premier suffit à lui seul. Aucune somme ne peut être perçue avant le versement effectif des fonds prêtés, immatriculation ou pas. Si de l'argent est déjà parti, contestez le paiement auprès de votre banque le jour même.

Cette page fait partie du dossier quels établissements pour quel dossier.

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Les six signaux, du plus grave au plus discret

Vous avez 62 ans, vous êtes en préretraite, et il vous reste un crédit auto plus un prêt travaux qui court jusqu'en 2031. Un message arrive sur une messagerie : rachat de vos crédits, 268 € par mois au lieu de 611 €, réponse immédiate. Vous n'avez rien demandé, et l'interlocuteur connaît votre prénom. Avant toute chose, passez la proposition dans la grille qu'EmpruntGo a établie le 7 septembre 2026 à partir des mises en garde publiées par les autorités.

Vigilance

1. Une somme réclamée avant le déblocage des fonds. Ce signal se suffit à lui-même. 2. Un accord annoncé sans étude de votre situation, sans condition de ressources, sans garantie demandée. 3. Un nom, un numéro d'immatriculation ou un domaine de courriel qui ne concordent pas avec ce que publient les registres. 4. Un moyen de paiement inhabituel : transfert d'argent international, mandat, carte prépayée, compte ouvert à l'étranger. 5. Un appel commercial que vous n'avez pas sollicité. 6. Une urgence fabriquée : offre valable aujourd'hui, fonds promis sous 24 à 48 heures.

Pourquoi le signal numéro 5 a changé de nature

Depuis le 11 août 2026, un professionnel ne peut plus vous appeler pour vous vendre quelque chose sans votre accord préalable. Le ministère de l'économie décrit ce consentement comme explicite, libre, spécifique, éclairé et révocable, valable un an au maximum, et rattache la mesure aux articles L.221-16 à L.221-17 du code de la consommation. Bloctel a disparu, parce que la logique s'est inversée : l'appel est interdit par défaut. Les exceptions publiées sont l'exécution d'un contrat en cours, la vente de journaux, et le devis que vous avez vous-même demandé dans les cinq jours ouvrables précédents.

Concrètement, un appel de rachat de crédit que vous n'avez pas provoqué est aujourd'hui hors la loi, même quand il vient d'une entreprise réelle. Le raccrocher ne vous fait donc rien perdre. Ce qui suit décrit ce qui se passe quand on ne raccroche pas.

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Le faux prêteur : l'argent part de chez vous avant le prêt

Vous venez de faire poser une pompe à chaleur, financée par un crédit travaux qui s'ajoute à deux autres. Quelques semaines plus tard, on vous appelle : un courtier, ou quelqu'un qui se présente comme agent d'un ministère. Il connaît le montant de vos travaux. Ce ciblage n'est pas un hasard, et l'ACPR le décrit dans son communiqué du 4 septembre 2024 comme l'une des formes du faux rachat de crédit.

La variante des frais d'avance

ABE Info Service, le service d'information de la Banque de France, de l'ACPR et de l'AMF, publie la mécanique et son vocabulaire. Les prêts sont proposés à des conditions très avantageuses, avec des taux faibles et constants, sur des montants allant de quelques euros à plusieurs centaines de milliers. L'obtention est annoncée sans délai, les fonds promis sous 24 à 48 heures. Puis « un premier versement est rapidement sollicité, souvent via un service de transfert d'argent international, pour couvrir de supposés frais (frais de dossier, d'assurance, d'authentification, de légalisation, frais administratifs, de transfert, de décaissement) ». Après le virement, le contact disparaît, ou réclame une nouvelle somme sous un autre prétexte.

La variante du remboursement anticipé détourné

Celle-ci coûte beaucoup plus cher. Le dossier est monté, un accord vous est annoncé, puis on vous demande de virer vous-même les sommes censées solder vos anciens crédits, sur un compte présenté comme celui du nouveau prêteur. Vous virez 24 000 €. Les anciens crédits ne sont jamais soldés, le nouveau prêt n'existe pas, et vous restez débiteur des deux. L'ACPR précise que les comptes de destination sont parfois ouverts au nom d'un prêteur réel, ce qui rend le relevé d'identité bancaire reçu parfaitement crédible.

Dans les deux variantes, une seule règle tient : aucune somme ne sort de chez vous tant que les fonds prêtés ne sont pas arrivés. L'article L.519-6 du code monétaire et financier interdit à toute personne qui apporte son concours à l'obtention d'un prêt, immatriculée ou non, de percevoir la moindre somme au titre de frais d'étude, de recherche, de démarches, de constitution de dossier ou d'entremise avant le versement effectif des fonds prêtés.

L'usurpation : un vrai nom, un vrai numéro, un faux interlocuteur

Vous êtes plombier à votre compte. Le courriel reçu porte le logo d'une enseigne que vous connaissez, une signature avec un numéro d'immatriculation, une adresse de siège, un numéro SIREN. Tout est exact. C'est ce qui rend le montage efficace.

L'ACPR a publié une mise en garde sur la multiplication de fausses offres de prêt immobilier et de rachat de crédit proposées par des individus usurpant l'identité de courtiers et d'établissements de crédit. Elle décrit du papier à en-tête falsifié et la création de plusieurs noms de domaine imitant ceux d'acteurs autorisés. ABE Info Service décrit de son côté des adresses de messagerie et des sites employant des noms d'emprunt, « voire ceux d'entreprises réelles ou approchant ».

Trois points de contrôle sur un document reçu
Ce que vous regardezCe qui doit correspondreLe signe qui alerte
Le domaine du courrielLe domaine officiel de l'entreprise, à la lettre prèsUn tiret, une lettre doublée, une extension différente, une messagerie gratuite
L'adresse du siègeCelle qui figure sur la fiche du registre publicUne adresse à l'étranger, une domiciliation, une boîte postale
Le numéro de téléphoneLe standard publié par l'entreprise elle-mêmeUn portable, ou un numéro qui ne figure sur aucune page officielle

La parade est publiée par l'ACPR et elle tient en un geste : rappelez le siège au numéro que vous avez trouvé vous-même, sans utiliser celui du courriel, et demandez si la personne qui vous écrit y travaille. Une réponse évasive, un refus de vous passer un responsable, une insistance pour poursuivre par messagerie valent réponse. Vous pouvez ensuite reprendre la démarche à zéro et mettre les enseignes en regard vous-même, à partir de leurs propres pages.

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La fausse offre de prêt se reconnaît à ce qu'il lui manque

Vous êtes intérimaire dans le bâtiment, vos missions s'enchaînent sans se ressembler, et vous recevez un document intitulé « offre de prêt » en pièce jointe. Deux pages, un tableau, un cachet. Lisez-le avec la liste de ce qu'une offre légale contient obligatoirement, plutôt qu'avec l'impression qu'elle donne.

Ce qu'une offre régulière porte, et ce que les fausses omettent
ÉlémentSur une offre régulièreSur les documents frauduleux
Le TAEGChiffré, en toutes lettresAbsent, ou remplacé par un « taux » sans qualification
La durée et le nombre d'échéancesPrécisésFlous, ou variables d'un message à l'autre
Le coût total du créditChiffré en eurosJamais donné
L'identité du prêteurDénomination sociale, siège, RCSUn nom commercial seul
Le délai de rétractation14 jours en crédit à la consommation, 10 jours de réflexion en immobilierAbsent, ou contredit par une urgence
Le paiement demandéAucun avant le déblocageUne somme à virer tout de suite

Un autre document circule dans ces montages : le faux courrier officiel. Une administration ou une autorité de contrôle ne vous réclame jamais un virement pour débloquer un crédit, ne valide pas un dossier de prêt privé, et ne perçoit aucun frais de ce type. Un document qui prétend le contraire est faux, quelle que soit la qualité de son en-tête.

Le meilleur usage de cette grille reste préventif : appliquez-la aux propositions que vous êtes allé chercher, avant de les départager sur le coût total.

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Vos pièces d'identité valent plus que la somme qu'on vous réclame

Vous êtes en alternance, vous avez un petit crédit et un découvert permanent. On vous demande, très tôt dans l'échange, une photo recto verso de votre carte d'identité, un justificatif de domicile, un relevé d'identité bancaire et un bulletin de salaire. Aucun paiement n'est réclamé. Le montage est différent, et sa cible est votre identité.

Ce que ces pièces permettent

Réunies, elles composent exactement le dossier qu'un prêteur exige pour ouvrir un crédit à la consommation en ligne. Le crédit est souscrit à votre nom, les fonds versés sur un compte contrôlé par le fraudeur, et vous découvrez l'opération à la première mise en demeure, parfois plusieurs mois plus tard. Le préjudice ne se mesure alors plus en frais versés, mais en capital emprunté.

Quand une demande de pièces est normale, et quand elle ne l'est pas

Un prêteur a l'obligation d'évaluer votre solvabilité, donc il demandera des justificatifs. La différence tient au moment et au canal. Une demande normale intervient après un échange identifié, sur un espace sécurisé de l'établissement, une fois que vous avez vous-même engagé la démarche. Une demande douteuse arrive dès le premier message, par une messagerie instantanée ou une adresse gratuite, avant même qu'on vous ait posé une question sur vos revenus.

Si vous avez déjà transmis ces pièces, surveillez vos relevés et votre courrier, et vérifiez votre situation auprès de la Banque de France. Selon service-public.fr, la consultation du fichier des incidents de remboursement des crédits aux particuliers se demande depuis votre espace personnel sur le site de la Banque de France, en vous rendant sur rendez-vous dans une de ses implantations avec une pièce d'identité, ou par courrier. Un relevé de situation vous est délivré.

L'argent est déjà parti : les gestes des premières heures

Vendredi soir, vous avez viré 1 450 € de « frais de déblocage ». Samedi, le numéro ne répond plus. L'ordre des gestes compte, parce que deux d'entre eux sont enfermés dans des délais.

Dans l'ordre, sans attendre lundi
  1. Arrêtez tout. Aucun versement supplémentaire, aucune nouvelle pièce envoyée, même sous la menace d'une perte des sommes déjà versées. La relance sous un nouveau prétexte fait partie du montage.
  2. Contestez auprès de votre banque, le jour même. Un paiement frauduleux ne peut plus être remboursé s'il date de plus de treize mois, soixante-dix jours hors Espace économique européen. Quand la contestation est recevable, la banque rembourse au plus tard à la fin du premier jour ouvrable suivant sa réception.
  3. Signalez la fraude à la carte bancaire par la démarche Perceval, traitée par la gendarmerie nationale, en préparant le numéro d'opposition, le numéro de carte et vos relevés.
  4. Déposez plainte, en sachant où le faire, ce qui est expliqué juste en dessous.
  5. Appelez Info Escroqueries au 0 805 805 817, du lundi au vendredi de 9 h à 18 h 30, pour être orienté.
  6. Signalez le site et l'adresse sur la plateforme Pharos, et sur Signal Spam si le contact s'est fait par courriel. Ces signalements alimentent les listes noires des autorités.

Le point que les pages commerciales passent sous silence

La plainte en ligne du ministère de l'Intérieur vise les atteintes aux biens dont l'auteur est inconnu, et la fiche cite expressément l'escroquerie hors internet. La plainte en ligne dédiée aux arnaques sur internet, THESEE, couvre six familles seulement : piratage de messagerie ou de compte de réseau social, escroquerie aux sentiments, escroquerie aux petites annonces, chantage en ligne avec demande d'argent, rançongiciel, faux sites de vente. Les escroqueries aux faux placements en sont exclues et exigent un dépôt en présentiel.

Une fausse offre de prêt ou de rachat contactée par internet n'entre donc dans aucune des deux listes. Votre plainte se dépose au commissariat ou à la gendarmerie, et un dépôt vous y sera de toute façon demandé. Présentez-vous avec les relevés portant le virement, les coordonnées bancaires du destinataire, les messages, les documents reçus et l'adresse du site. La fiche de service-public.fr sur la fraude au paiement traite la contestation d'une opération non autorisée ; elle ne traite pas le sort d'un virement que vous avez vous-même ordonné, et nous ne publions donc rien sur ce point faute de relevé daté.

Une fois ces démarches engagées, la question redevient celle du budget, et elle se traite au calme.

Reprendre un dossier propre après une tentative d'arnaque

Vous avez raccroché à temps, ou vous avez perdu une somme et vous voulez tout de même régler le problème de départ : quatre échéances qui tombent à quatre dates et un budget tendu. Le besoin reste réel, et il se traite par la voie ordinaire.

L'ordre qui protège

Commencez par choisir vous-même les enseignes que vous interrogez, à partir de leurs pages officielles, plutôt que de répondre à celles qui vous contactent. Vérifiez ensuite leur inscription aux registres publics avant d'envoyer la moindre pièce. Ne comparez qu'après, sur des propositions écrites. Cet ordre inverse celui de l'arnaque, qui commence toujours par une offre non sollicitée et finit par une demande d'argent.

Ce qu'il faut retenir

Une demande de paiement avant le déblocage des fonds constitue une infraction, quel que soit le nom donné à la somme. Un appel commercial non sollicité est interdit depuis le 11 août 2026. Un document sans TAEG, sans durée et sans coût total n'est pas une offre de prêt. Ces trois constats se font en quelques minutes, sans expertise particulière.

EmpruntGo est un site d'information et de comparaison, rémunéré par ses partenaires : le visiteur ne verse jamais rien, ici comme ailleurs. La suite du travail consiste à regarder le TAEG, la durée, les frais et le coût total de chaque proposition, poste après poste.

Choisissez vous-même les enseignes que vous interrogezGratuit, sans engagement. Vous recevrez une étude et des offres par mail.
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Les questions que vous nous posez

Comment reconnaître une arnaque au rachat de crédit ?

Six signaux reviennent : une somme réclamée avant le déblocage, un accord annoncé sans étude de votre situation, un nom ou un numéro qui ne concordent pas avec les registres publics, un moyen de paiement inhabituel, un appel non sollicité, une urgence fabriquée. Le premier suffit à arrêter le dossier, parce qu'il désigne une infraction.

Peut-on me demander une assurance ou des frais de dossier à l'avance ?

Non. Aucune somme ne peut être perçue au titre de frais d'étude, de recherche, de démarches, de constitution de dossier ou d'entremise avant le versement effectif des fonds prêtés. Les frais de dossier réels d'un prêteur sont prélevés après le déblocage et figurent dans le TAEG de l'offre que vous signez.

J'ai déjà viré de l'argent, que faire en premier ?

Cessez tout nouveau versement, puis contestez le paiement auprès de votre banque le jour même. Un paiement frauduleux ne peut plus être remboursé au-delà de treize mois, et la banque rembourse au plus tard à la fin du premier jour ouvrable suivant une contestation recevable. Déposez ensuite plainte et signalez le site.

Puis-je porter plainte en ligne pour une fausse offre de prêt ?

En général non. La plainte en ligne vise les atteintes aux biens dont l'auteur est inconnu et cite l'escroquerie hors internet. La plainte en ligne THESEE ne couvre que six familles d'arnaques, sans les fausses offres de crédit. Le dépôt se fait donc au commissariat ou à la gendarmerie, avec vos relevés et vos échanges.

Un organisme peut-il m'appeler pour me proposer un rachat de crédit ?

Depuis le 11 août 2026, un professionnel doit avoir recueilli votre accord préalable avant tout appel commercial. Les exceptions publiées portent sur l'exécution d'un contrat en cours, la vente de journaux, et le devis que vous avez demandé dans les cinq jours ouvrables précédents. Un appel de rachat non sollicité est donc irrégulier.

On m'a demandé mes pièces d'identité sans me réclamer d'argent, est-ce grave ?

Cela peut l'être. Carte d'identité, justificatif de domicile, relevé d'identité bancaire et bulletin de salaire forment le dossier nécessaire pour souscrire un crédit en ligne à votre nom. Surveillez vos relevés et votre courrier, et vérifiez votre situation auprès de la Banque de France si un doute subsiste.

Nos sources

  • ABE Info Service — « Attention aux offres de crédit frauduleuses » : montages, signaux d'alerte et vérifications recommandées — consulter la source
  • ACPR — mise en garde contre la multiplication de fausses offres de prêt immobilier et de rachat de crédit proposées par des individus usurpant l'identité de courtiers et d'établissements de crédit — consulter la source
  • Ma Sécurité (ministère de l'Intérieur) — THESEE, plainte en ligne pour six familles d'arnaques sur internet — consulter la source
  • Service-Public.fr — fraude à la carte bancaire : un paiement frauduleux ne peut plus être remboursé au-delà de treize mois, et la banque rembourse au plus tard à la fin du premier jour ouvrable suivant la contestation — consulter la source