Sans garantie, l'opération reste dans le régime de la consommation
C'est la conséquence la plus utile de votre situation, et elle joue en votre faveur beaucoup plus souvent qu'on ne le dit. Un dossier qui ne reprend que des dettes de consommation reste régi par le code de la consommation, avec les protections qui vont avec.
Les 4 protections que vous gardez
Elles ne se négocient pas et ne dépendent d'aucune enseigne. Quatorze jours de rétractation courent après l'acceptation de l'offre, sans motif et sans frais. Le plafond de l'usure s'impose au prêteur. Le remboursement anticipé est encadré : l'indemnité est limitée à 1 % du capital remboursé, ramenée à 0,5 % s'il reste moins d'un an, et supprimée sous 10 000 € remboursés sur douze mois. L'information précontractuelle, enfin, est obligatoire : fiche standardisée et TAEG avant toute signature.
Les seuils de l'usure, dans le détail
Ces plafonds sont publiés chaque trimestre par la Banque de France et s'imposent au prêteur. Pour les prêts de trésorerie d'un montant inférieur ou égal à 75 000 €, applicables aux contrats conclus à partir du 1er juillet 2026 : 23,53 % jusqu'à 3 000 €, 15,67 % de 3 000 à 6 000 €, et 8,56 % au-delà de 6 000 €. Un regroupement porte presque toujours sur plus de 6 000 € : c'est donc le troisième chiffre qui vous concerne, et c'est un plafond, pas un objectif.
Tout cela ne vaut que tant que l'opération reste en consommation. Dès qu'un prêt immobilier entre dans le périmètre, la frontière se déplace : c'est le sujet de regrouper ses crédits quand on est propriétaire, et le fonctionnement général de l'opération est décrit par regrouper ses crédits conso.
Les montants et les durées réellement publiés par les enseignes
Sur cette recherche, les éditeurs annoncent des plafonds locataire de 60 000 €, 75 000 €, 100 000 €, parfois 200 000 €, sans jamais dire d'où vient le chiffre. L'écart ne vient pas du statut : il vient de l'enseigne. Voici ce que les établissements publient eux-mêmes, relevé le 6 septembre 2026.
| Enseigne | Montant | Durée | Crédits repris |
|---|---|---|---|
| My Money Bank | 20 000 à 150 000 € | 60 à 180 mois | Consommation |
| Caisse d'Épargne | 1 000 à 75 000 € | 4 à 120 mois | Consommation uniquement |
| Banque Populaire | Non publié | 120 mois maximum | Tous prêts conso |
| Société Générale Crédit Compact | À partir de 1 500 €, plafond non publié | 1 à 7 ans | Non publié |
| Crédit Agricole Prêt Regroupé | Non publié | Non publié | Conso, immobilier, découvert |
Ce que ce tableau dit, et ce qu'il ne dit pas
Quatre enseignes seulement chiffrent un plafond ou une durée. Aucune ne publie de plafond réservé aux locataires : les montants annoncés valent pour l'offre, pas pour un statut. Le vrai plafond de votre dossier n'est donc pas dans une grille : c'est celui que votre revenu supporte sur la durée maximale de l'offre.
Un exemple chiffré, publié par l'enseigne elle-même
La Caisse d'Épargne est la seule des enseignes relevées à publier un exemple représentatif complet : 12 500 € sur 48 mois, taux débiteur fixe de 4,60 %, mensualité de 285,61 €, TAEG fixe de 5,23 %, frais de dossier de 125 €. My Money Bank en publie un autre, sur une durée longue : 51 000 € sur 144 mois, 532,67 € par mois, TAEG de 7,97 %, coût total de 76 703,45 €, l'assurance facultative étant facturée 51 € par mois en sus. Ces deux exemples ne sont pas des offres : ce sont des ordres de grandeur, et ils valent mieux qu'une fourchette inventée.
Ce que l'analyste regarde à la place de la garantie
Là où un propriétaire peut faire pencher la balance avec un bien, vous la faites pencher avec un budget. Quatre éléments sont examinés, toujours dans cet ordre.
- Le reste à vivre. Ce qu'il vous reste chaque mois une fois le loyer, la nouvelle mensualité, les charges et les pensions payés. C'est le premier critère, et il est apprécié par personne du foyer.
- Le saut de charge. L'écart entre ce que vous payez aujourd'hui — loyer plus mensualités actuelles — et ce que vous paierez demain. Un saut négatif, c'est-à-dire une baisse, rassure ; c'est précisément l'objet du regroupement.
- La stabilité du revenu. Nature du contrat, ancienneté, régularité. Un CDI de 3 ans et un intérim de 3 ans ne se lisent pas pareil, même à revenu égal.
- La tenue des comptes. Trois mois de relevés : rejets, découverts répétés, jeux d'argent. C'est là que se perdent le plus de dossiers récupérables.
Pourquoi nous ne publions pas de montant plancher de reste à vivre
Vous lirez partout des seuils : tant par adulte, tant par enfant. Aucun établissement ne publie sa grille, et nous n'avons relevé aucun barème officiel opposable. Publier un chiffre reviendrait à recopier un autre éditeur qui l'a lui-même recopié. Ce que l'on peut dire sans se tromper : le reste à vivre s'apprécie par personne du foyer, il tient compte du loyer réel, et c'est le critère qui fait refuser le plus de dossiers de locataires.
CDD, intérim, apprentissage : ce qui compense
Un contrat court n'est pas un motif de refus automatique, mais il déplace la démonstration : ce n'est plus le contrat qui rassure, c'est l'historique. Deux ou trois ans de missions enchaînées dans le même secteur, des avis d'imposition qui montrent un revenu stable d'une année sur l'autre, une ancienneté chez le même employeur ou la même agence : ces éléments valent davantage qu'une case cochée. À l'inverse, un CDI récent après une longue période d'inactivité sera lu avec la même prudence. Fournissez vos derniers avis d'imposition sans qu'on vous les demande : c'est la pièce qui lisse une carrière irrégulière.
Le co-emprunteur, et ce qu'il engage vraiment
Ajouter un co-emprunteur double la base de revenus prise en compte, et c'est souvent ce qui débloque un dossier de locataire. Mais un co-emprunteur n'est pas un garant moral : il est solidairement tenu de la totalité de la dette, pas de la moitié. En cas de défaut, le prêteur peut se retourner contre lui pour l'intégralité des échéances. Cela s'explique et se dit avant la signature, pas après.
Le taux d'endettement, et ce qu'il vise
Le repère des 35 % vient de la décision n° D-HCSF-2021-7 du Haut Conseil de stabilité financière — 35 % de taux d'effort assurance comprise, 25 ans de durée maximale, 20 % de dérogations. Il vise le crédit immobilier. Sur un regroupement de crédits à la consommation, il sert de repère, pas de règle. C'est aussi pourquoi le prix de l'argent n'est pas le même partout : ce qui fait varier une proposition est détaillé sur la page qui explique à quel taux emprunter selon le profil et la durée.
Logé à titre gratuit : le statut que personne ne traite
Il figure dans tous les formulaires de demande, à côté de « propriétaire » et « locataire ». Aucune des huit pages qui se positionnent sur cette recherche ne l'explique. Il concerne pourtant beaucoup de monde : jeunes adultes hébergés, personnes logées par un parent, conjoints non titulaires du bail, salariés logés par l'employeur.
Comment il est lu
Dans la plupart des grilles, l'hébergé à titre gratuit est traité comme un locataire : pas de garantie réelle à offrir, donc régime de consommation. Avec deux nuances qui jouent en sens contraire. À l'avantage : l'absence de loyer améliore mécaniquement le reste à vivre, et c'est un vrai poids dans le calcul. À l'inconvénient : une situation gratuite est par nature révocable, et certains analystes réintègrent un loyer théorique pour tester la solidité du budget si l'hébergement cessait.
Les justificatifs demandés dans ce cas
Quatre pièces sont demandées, et trois d'entre elles dépendent de quelqu'un d'autre que vous : une attestation d'hébergement datée et signée, la pièce d'identité de la personne qui vous héberge, et un justificatif de domicile récent à son nom. S'y ajoute un document à votre nom à cette adresse — avis d'imposition ou attestation de sécurité sociale. Prévenez votre hébergeant tôt : c'est la partie du dossier sur laquelle vous n'avez pas la main.
Le locataire, lui, remplace ces pièces par ses dernières quittances de loyer. Le reste du dossier est identique dans les deux cas, et la liste complète figure sur la page qui dit quels justificatifs préparer, pièce par pièce.
Locataire et fiché FICP : ce qui reste possible, et ce qui ne l'est pas
C'est la question la plus posée sur ce thème, et la plus mal traitée. Nous la prenons dans l'ordre : d'abord ce que le fichage signifie, ensuite pourquoi le croisement avec le statut de locataire est le cas le plus difficile, enfin ce qui reste ouvert.
Ce que le fichage est, et combien de temps il dure
Le fichier national des incidents de remboursement des crédits aux particuliers recense les incidents de paiement caractérisés et les mesures de traitement du surendettement. L'inscription dure 5 ans pour un incident, et jusqu'à 7 ans dans le cadre d'un plan de surendettement. Elle est consultée par tous les établissements avant l'octroi d'un crédit : ce n'est pas une formalité que l'on contourne.
Pourquoi ce croisement est le plus difficile
Un propriétaire fiché conserve une carte : la garantie prise sur son bien change la nature du risque, et quelques établissements spécialisés instruisent alors le dossier. Un locataire fiché n'a pas cette carte. Il faut le dire clairement plutôt que d'entretenir l'espoir : sans garantie réelle et avec une inscription en cours, le nombre d'établissements susceptibles d'accepter est très faible. Certaines enseignes l'écrivent noir sur blanc — le Crédit Agricole indique que son Prêt Regroupé est ouvert à toute personne majeure sauf inscrite au FICP (relevé le 6 septembre 2026).
Les 3 voies qui restent réellement ouvertes
- Solder la dette à l'origine de l'inscription, puis demander la radiation. C'est la seule voie qui lève l'obstacle plutôt que de le contourner. La radiation n'est pas automatique : elle est demandée par l'établissement qui a déclaré l'incident, une fois la régularisation constatée.
- Ajouter un co-emprunteur non fiché. Un conjoint, un parent : cela change la lecture du dossier, mais engage cette personne sur la totalité de la dette. À ne proposer qu'en connaissance de cause.
- Saisir la commission de surendettement. Quand les dettes ne sont objectivement plus remboursables, ce n'est pas un échec : c'est la procédure prévue. La suspension des poursuites ne découle pas du dépôt mais de la décision de recevabilité (code de la consommation, art. L.722-2) : entre les deux, un créancier peut encore poursuivre.
Ce qui ne marche pas, en revanche, mérite d'être nommé : la section suivante décrit les offres qui prospèrent précisément sur cette situation.
Les 3 pièges qui visent spécifiquement les dossiers sans garantie
Un dossier de locataire refusé ailleurs est une cible commerciale. Voici ce qui est illégal, et ce qui est simplement trompeur.
- « Sans justificatif de revenus » : cela n'existe pas. Un prêteur est tenu d'évaluer votre solvabilité avant d'accorder un crédit. Une offre qui promet le contraire ne vient pas d'un établissement de crédit agréé.
- Des frais réclamés avant le déblocage des fonds : c'est interdit. L'article L.519-6 du code monétaire et financier dispose qu'aucune personne apportant son concours à l'obtention d'un prêt, immatriculée ou non, ne peut percevoir de somme au titre de frais d'étude, de recherche, de démarches, de constitution de dossier ou d'entremise avant le versement effectif des fonds prêtés. Un « frais d'étude » à régler d'avance est un signal d'arrêt immédiat.
- L'assurance présentée comme obligatoire. Sur les offres de regroupement que nous avons relevées, l'assurance emprunteur est présentée comme facultative — Caisse d'Épargne, My Money Bank, Crédit Agricole. Elle reste utile, mais elle se choisit et se change : depuis la loi du 28 février 2022, elle est résiliable à tout moment.
Ce que vaut vraiment un « accord de principe »
Un accord de principe n'est pas une offre de prêt. Il est donné avant l'analyse des pièces et ne vous engage pas plus qu'il n'engage l'établissement. La seule chose qui compte est l'offre écrite, avec son TAEG, son coût total et son tableau d'amortissement — et les 14 jours de rétractation qui courent à partir de son acceptation.
Être locataire ne ferme aucune porte : cela ferme une option de montage. Le dossier se joue sur le reste à vivre, le saut de charge et la tenue des comptes. Les plafonds publiés au 6 septembre 2026 vont de 75 000 € à 150 000 € selon l'enseigne, sur des durées de 84 mois à 180 mois — 120 mois chez deux enseignes. Et aucun établissement sérieux ne vous demandera un centime avant que les fonds ne soient débloqués.
Les questions que vous nous posez
Un locataire peut-il faire un rachat de crédit ?
Oui. Aucune enseigne relevée ne fait de la propriété une condition d'accès à son regroupement de crédits à la consommation. Le dossier est instruit sur les revenus, le reste à vivre et la tenue des comptes. L'absence de garantie réelle se traduit par des plafonds de montant et des durées plus encadrés, pas par un refus de principe.
Quel montant maximum pour un locataire ?
Il n'existe pas de plafond réservé aux locataires. Ce qui existe, ce sont les plafonds des offres : 75 000 € à la Caisse d'Épargne, 150 000 € chez My Money Bank, au 6 septembre 2026. Votre plafond réel est celui que votre revenu supporte sur la durée maximale proposée.
Quelle durée maximale sans garantie ?
Les durées publiées vont de 84 mois à la Société Générale à 180 mois chez My Money Bank, en passant par 120 mois à la Banque Populaire et à la Caisse d'Épargne, relevé le 6 septembre 2026. Attention à l'arbitrage : sur 40 000 € au taux débiteur de 7,30 %, passer de 84 à 180 mois fait tomber la mensualité de 610 € à 366 €, mais porte les intérêts de 11 206 € à 25 929 € (calcul EmpruntGo, hors assurance et hors frais).
Peut-on obtenir un rachat de crédit en étant fiché FICP et locataire ?
C'est le cas le plus difficile, et il faut le dire. Sans bien à donner en garantie, très peu d'établissements instruisent un dossier pendant l'inscription — qui dure 5 ans pour un incident, jusqu'à 7 ans pour un plan de surendettement. Les voies utiles sont de solder la dette et demander la radiation, d'ajouter un co-emprunteur non fiché, ou de saisir la commission de surendettement.
Un hébergé à titre gratuit est-il traité comme un locataire ?
Dans la plupart des grilles, oui. L'absence de loyer améliore le reste à vivre, mais certains analystes réintègrent un loyer théorique parce que l'hébergement est révocable. Il faut fournir une attestation d'hébergement, la pièce d'identité et un justificatif de domicile de l'hébergeant, plus un document à votre nom à cette adresse.
Peut-on me demander des frais avant l'obtention du prêt ?
Non. L'article L.519-6 du code monétaire et financier interdit à toute personne qui apporte son concours à l'obtention d'un prêt, immatriculée ou non, de percevoir des frais d'étude, de recherche, de démarches, de constitution de dossier ou d'entremise avant le versement effectif des fonds prêtés. Un frais d'étude réclamé d'avance doit vous faire cesser tout échange.
Nos sources
- Banque de France — seuils de l'usure du 3e trimestre 2026, applicables aux contrats conclus à partir du 1er juillet 2026 — consulter la source
- Code de la consommation, articles L.752-1 à L.752-3 — inscription et radiation au FICP : 5 ans pour un incident, jusqu'à 7 ans pour un plan de surendettement — consulter la source
- Service-Public.fr — crédit à la consommation : les obligations de l'établissement prêteur — consulter la source
- Haut Conseil de stabilité financière — décision n° D-HCSF-2021-7 : 35 % d'endettement assurance comprise, 25 ans maximum, 20 % de dérogations — consulter la source
