Ce qu'un rachat conso reprend, et ce qui reste dehors
La question se pose toujours dans le même ordre : d'abord ce qui entre dans l'opération, ensuite ce qu'elle coûte. Un rachat de crédit à la consommation reprend des dettes de crédit, et seulement celles-là — mais la liste est plus large que ce que la plupart des gens imaginent.
| Type de dette | Repris ? | La condition |
|---|---|---|
| Prêt personnel | Oui | Aucune condition particulière : c'est le cas de base. |
| Crédit affecté (auto, moto, travaux, cuisine) | Oui | Le bien financé n'est pas repris, seulement la dette. |
| Crédit renouvelable | Oui | Le solde est remboursé ; le contrat, lui, reste ouvert tant que vous ne le résiliez pas. |
| Découvert autorisé | Souvent | Repris s'il est formalisé par une autorisation écrite et chiffrée. |
| Dette fiscale ou sociale | Parfois | Impôt, URSSAF : certains dossiers l'acceptent sur justificatif de l'administration, dans une enveloppe limitée. |
| Trésorerie complémentaire | Oui | Ajoutée au capital repris, elle est financée au même taux et sur la même durée. |
| Dette familiale, loyers impayés, pension | Non | Ce ne sont pas des dettes de crédit : aucun organisme ne les rachète. |
| Crédit déjà en contentieux | Non | Une déchéance du terme prononcée ferme la porte du rachat classique. |
Le seuil qui fait basculer de régime
Un dossier peut contenir un prêt immobilier sans quitter le régime consommation, et ce n'est pas le montant emprunté qui tranche : c'est une proportion. La bascule se joue à 60 % : tant que la part des prêts immobiliers repris reste sous ce seuil du capital total, l'opération obéit au code de la consommation. Ce seuil est publié par un prêteur (relevé le 6 septembre 2026), et la section du code de la consommation consacrée au regroupement de crédits encadre l'opération. Au-delà, elle relève du régime immobilier — délai de réflexion de 10 jours au lieu de 14 jours de rétractation, garantie souvent exigée, et un plafond de taux entièrement différent. C'est une règle de calcul, pas un choix commercial : le rachat de crédit immobilier obéit à d'autres seuils.
Le déroulé de l'opération, lui, ne change pas d'un régime à l'autre : comment marche un rachat de crédit se lit une fois pour toutes, du dépôt du dossier au déblocage des fonds. Selon ce que vous faites reprendre, la question se pose ensuite au cas par cas — un rachat de prêt personnel ne se monte pas comme un rachat de crédit voiture, et un rachat de crédit moto obéit encore à d'autres usages de garantie.
La durée maximale, et ce que chaque année ajoutée coûte vraiment
C'est le levier numéro un de la mensualité, et le plus mal expliqué du marché. Aucune loi ne fixe de durée maximale en crédit à la consommation : c'est chaque établissement qui pose la sienne, et l'écart entre enseignes est considérable.
Ce que les enseignes publient réellement
Nous avons relevé les conditions publiées en page, sans les reformuler. Deux constats : la plupart des acteurs restent à un vague « jusqu'à 12 ans », et l'un des rares établissements spécialisés à chiffrer sa grille annonce plus que les 144 mois souvent cités.
| Enseigne | Ce qu'elle publie |
|---|---|
| My Money Bank établissement spécialisé dans le regroupement | Durée de 60 à 180 mois, montants de 20 000 à 150 000 €, TAEG fixe annoncé de 6,84 % à 8 %. |
| La majorité des prêteurs généralistes | Une formule non chiffrée — « jusqu'à 12 ans » — sans grille publiée, donc sans engagement opposable. |
Une durée annoncée n'est pas une durée accordée. Elle plafonne ce que l'enseigne peut faire ; votre dossier, lui, est plafonné par votre taux d'endettement après opération et par votre reste à vivre. Demandez toujours la durée retenue sur votre dossier, pas la durée maximale du produit.
Le prix d'une année de plus, en euros
Le calcul ci-dessous porte sur 40 000 € au taux débiteur de 7,30 %, hors assurance et hors frais — le même capital, le même taux, quatre durées. C'est notre calcul, pas une offre.
| Durée | Mensualité | Intérêts payés | Écart avec 84 mois |
|---|---|---|---|
| 84 mois (7 ans) | 610 € | 11 206 € | — |
| 120 mois (10 ans) | 471 € | 16 477 € | + 5 271 € |
| 144 mois (12 ans) | 418 € | 20 160 € | + 8 954 € |
| 180 mois (15 ans) | 366 € | 25 929 € | + 14 723 € |
Lu autrement : passer de 7 à 15 ans fait gagner 244 € par mois et coûte 14 723 € d'intérêts en plus. Ce n'est ni bien ni mal — c'est le prix du souffle. La question n'est pas « quelle est la durée la moins chère », c'est « quelle est la mensualité que je tiens sans découvert », puis la durée la plus courte qui l'atteint.
Prenez la durée la plus courte compatible avec la mensualité que vous tenez — et rien de plus. Chaque année ajoutée au-delà se paie, ici entre 3 700 et 5 800 € d'intérêts selon la tranche.
Une simulation faite sur trois durées, côte à côte, règle la question en quelques minutes — et évite de signer la durée la plus longue par défaut.
Le taux : ce que la loi plafonne, et où se situe le marché
Il y a deux chiffres à ne pas confondre : le taux qu'on vous propose, et le plafond légal qu'aucune offre ne peut dépasser. Le second est public, il change chaque trimestre, et il est la meilleure protection dont vous disposez.
Le plafond d'usure dépend du montant, pas de la durée
C'est le point que presque aucune page n'explique. En crédit à la consommation, la Banque de France publie ses seuils par tranche de montant emprunté. Une même durée n'a donc pas le même plafond selon que vous empruntez 2 500 € ou 40 000 €.
| Montant emprunté | TAEG maximum légal |
|---|---|
| Jusqu'à 3 000 € | 23,53 % |
| De 3 000 à 6 000 € | 15,67 % |
| Au-delà de 6 000 € | 8,56 % |
Un rachat de crédit conso porte presque toujours sur plus de 6 000 € : c'est donc 8,56 % qui vous concerne, et le taux proposé aujourd'hui se lit toujours par rapport à ce plafond — toute offre au-dessus est illégale. Ce plafond englobe tout ce que l'opération vous coûte — intérêts, frais de dossier, commission de l'intermédiaire, assurance si elle est exigée. C'est ce qui fait du TAEG le seul chiffre comparable d'une offre à l'autre, et c'est pour cela qu'on ne compare jamais des taux nominaux entre eux.
Où se situe le marché aujourd'hui
Un établissement spécialisé annonce en page, à ce jour, un TAEG fixe de 6,84 % à 8 % — et publie un exemple représentatif : 51 000 € regroupés sur 144 mois, 532,67 € par mois, TAEG fixe de 7,97 %, coût total de 76 703,45 €. L'exemple est utile parce qu'il affiche ce que les publicités taisent : le coût total, assurance facultative en sus.
Un taux annoncé « à partir de » n'engage personne. Le seul chiffre opposable est celui de votre offre de prêt, et il n'existe qu'une fois votre dossier étudié. Ne signez jamais sur un taux d'accroche, et comparez toujours des TAEG entre eux, jamais un taux nominal contre un TAEG.
Reste à savoir quelles enseignes accepteront d'étudier un dossier comme le vôtre : elles ne jouent pas toutes le même rôle.
Quelle enseigne selon votre situation
La question « quelle est la meilleure banque pour un rachat de crédit conso » n'a pas de réponse universelle, et toute page qui en donne une vous vend quelque chose. Le marché se lit par famille d'acteurs, et c'est votre profil qui décide de la bonne porte.
| Famille | Ce qu'elle est | À qui elle convient |
|---|---|---|
| L'établissement spécialisé | Son métier est le regroupement, pas le crédit en général. Grilles publiées, durées longues. | Dossiers avec plusieurs crédits, endettement tendu, besoin d'une durée longue. |
| Le prêteur généraliste | Filiale de crédit à la consommation d'un grand groupe bancaire. | Dossiers simples, montants moyens, revenus stables. |
| Votre propre banque | Elle connaît vos flux, mais ne rachète pas toujours les crédits détenus ailleurs. | Un seul crédit extérieur à reprendre, relation ancienne. |
Ce que votre statut change concrètement
Trois éléments pèsent plus que le nom de l'enseigne : la nature de vos revenus, votre statut d'habitation, et votre historique bancaire. Un agent public n'ouvre pas les mêmes portes qu'un indépendant : le rachat de crédit fonctionnaire donne accès à trois enseignes réservées, quand le rachat de crédit professionnel se juge sur des bilans. Être propriétaire ne change pas le régime de l'opération, mais autorise une garantie qui débloque des durées plus longues.
Déposer huit demandes en parallèle ne fait pas baisser les taux : chaque étude laisse une trace, et un dossier qui circule trop se dégrade. Une demande unique confiée à un intermédiaire qui interroge plusieurs partenaires vaut mieux que huit démarches dispersées.
Une seule étude, plusieurs enseignes interrogées : c'est la voie la plus courte pour savoir ce que votre profil obtient réellement.
Le cas le plus fréquent : sortir des réserves d'argent
Sur les dossiers conso, le motif numéro un n'est pas le crédit auto : ce sont les crédits renouvelables. Deux ou trois réserves remboursées au minimum, un capital qui ne baisse pas, et une facture sans terme.
La mécanique est simple à comprendre : une réserve ne s'amortit pas, elle se reconstitue. Chaque euro remboursé redevient disponible, et tant que vous payez la mensualité minimale, l'essentiel part en intérêts. Le rachat remplace ce mécanisme par un prêt qui a une date de dernière échéance.
Le rachat solde la réserve. Il ne ferme pas le contrat. Une fois le solde à zéro, le plafond redevient disponible : vous avez alors la nouvelle mensualité et une réserve vide. La résiliation se demande par écrit, contrat par contrat, et c'est l'étape que presque personne ne fait. La démarche complète est détaillée dans le rachat de crédit renouvelable.
Le calcul mérite d'être fait avant toute démarche : sur des réserves payées au minimum, l'écart se compte souvent en milliers d'euros.
Les 4 pièges du rachat conso
Ils reviennent dans cet ordre, et les quatre sont évitables.
- Aucune somme avant le déblocage des fonds. Toute personne qui apporte son concours à l'obtention d'un prêt, immatriculée ou non, ne peut percevoir aucune somme au titre de frais d'étude, de recherche, de démarches, de constitution de dossier ou d'entremise avant le versement effectif des fonds prêtés (article L.519-6 du code monétaire et financier). Des frais réclamés d'avance ne sont pas une pratique agressive : c'est une infraction.
- L'assurance emprunteur n'est pas obligatoire. En crédit à la consommation, aucun texte ne l'impose. Elle peut être exigée par le prêteur comme condition de son offre — mais elle entre alors dans le TAEG, donc dans le plafond d'usure. Faites toujours chiffrer l'offre avec et sans.
- La réserve rouverte après l'opération. Le piège le plus cher, détaillé plus haut : soldée n'est pas fermée.
- Le remboursement anticipé, plus tard. Si votre situation s'améliore, vous pouvez solder par anticipation. L'indemnité est plafonnée à 1 % du capital remboursé — 0,5 % s'il reste moins d'un an — et aucune indemnité n'est due lorsque le total remboursé par anticipation sur douze mois ne dépasse pas 10 000 €.
Le délai qui vous protège
Une fois l'offre acceptée, vous disposez de 14 jours calendaires de rétractation en crédit à la consommation, sans avoir à vous justifier. Ce délai n'est pas une formalité : c'est le moment de faire chiffrer une seconde offre et de comparer deux TAEG sur la même durée. Un dossier bien monté résiste très bien à quinze jours de réflexion.
Les questions que vous nous posez
Peut-on faire racheter un crédit à la consommation ?
Oui, et c'est le cas le plus courant : prêts personnels, crédits auto ou travaux, réserves d'argent et découverts autorisés peuvent être réunis dans un prêt unique. Restent dehors les dettes qui ne sont pas des crédits — dettes familiales, loyers impayés, pensions — et les crédits déjà en contentieux.
Quelle est la durée maximale d'un rachat de crédit consommation ?
Aucune loi ne la fixe : chaque établissement pose sa propre limite. Un spécialiste du regroupement publie une grille de 60 à 180 mois ; la plupart des généralistes s'en tiennent à une formule non chiffrée. Retenez que la durée accordée sur votre dossier dépend surtout de votre endettement après opération.
Quel est le taux maximum légal d'un rachat de crédit conso ?
Pour un montant supérieur à 6 000 €, le TAEG ne peut pas dépasser 8,56 % au 3e trimestre 2026. Ce plafond, publié chaque trimestre par la Banque de France, englobe les intérêts, les frais de dossier et la commission de l'intermédiaire.
Quelle est la meilleure banque pour un rachat de crédit consommation ?
Il n'y en a pas dans l'absolu. Les établissements spécialisés acceptent des durées plus longues et des dossiers plus chargés ; les prêteurs généralistes vont plus vite sur les dossiers simples ; votre propre banque connaît vos flux mais ne reprend pas toujours les crédits extérieurs. C'est le profil qui décide, pas le nom.
Un rachat de crédit conso coûte-t-il plus cher au total ?
Oui, dès lors qu'il allonge la durée : sur 40 000 € à 7,30 %, passer de 84 à 180 mois fait gagner 244 € par mois et coûte environ 14 700 € d'intérêts supplémentaires. La seule exception est le crédit renouvelable payé au minimum, où le capital ne baissait pas.
Faut-il souscrire une assurance pour un rachat de crédit à la consommation ?
Aucun texte ne l'impose en crédit à la consommation. Le prêteur peut l'exiger comme condition de son offre ; dans ce cas son coût entre dans le TAEG et donc dans le plafond d'usure. Demandez systématiquement le chiffrage avec et sans.
Nos sources
- Banque de France — seuils de l'usure du 3e trimestre 2026, applicables aux contrats conclus à partir du 1er juillet 2026 — consulter la source
- Banque de France — taux de l'usure, publiés chaque trimestre au Journal officiel — consulter la source
- Code de la consommation — consulter la source
- Service-Public.fr — informer le prêteur d'un remboursement par anticipation (modèle de lettre) — consulter la source
- Code de la consommation — section « Regroupements de crédits », articles L.314-10 à L.314-14 — consulter la source
- Code de la consommation — section « Regroupement de crédits », articles R.314-18 à R.314-21 — consulter la source
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