Un courtier présente votre dossier : il ne l'accorde jamais
Un courtier en opérations de banque est un intermédiaire. Il recueille votre situation, monte le dossier, choisit les prêteurs à qui le présenter, défend l'argumentaire et vous accompagne jusqu'à l'édition de l'offre. Il ne prête pas un euro et ne signe aucune décision. La décision appartient à l'établissement de crédit, qui porte le risque et applique son barème.
La confusion est entretenue par le vocabulaire commercial : « accord de principe », « votre dossier est validé », « c'est bon de notre côté ». Ces phrases ne valent rien tant que l'offre de prêt n'est pas éditée par le prêteur. Elles décrivent l'avis du courtier sur vos chances, pas un engagement.
Ce qu'il ne peut pas faire, quelles que soient ses promesses
| Le courtier | Le prêteur | |
|---|---|---|
| Accorder le crédit | Non | Oui, et lui seul |
| Garantir un taux à l'avance | Non | Non plus, avant étude |
| Éditer l'offre de prêt | Non | Oui |
| Choisir les prêteurs interrogés | Oui, dans la limite de son mandat | Sans objet |
| Encaisser quoi que ce soit avant le déblocage | Non, jamais | Non |
Ce que le mandat vous engage à faire, et ce qu'il n'engage pas
Signer un mandat de recherche de capitaux ne vous engage ni à accepter une offre, ni à emprunter. Il autorise un professionnel à présenter votre dossier et fixe le prix de ce service si l'opération aboutit. Tant que vous n'avez pas accepté une offre de prêt, rien n'est dû et rien n'est inscrit nulle part. La seule contrainte réelle est l'exclusivité, quand elle figure au contrat : elle vous interdit, pour la durée prévue, de faire présenter le même dossier par un autre.
Ce qu'il apporte réellement tient en trois choses : il sait quel prêteur instruit quel profil, il présente un dossier déjà propre, et il vous évite de multiplier les demandes dispersées. C'est utile, et ce n'est pas la même chose que décider. Pour savoir qui rachète les crédits en France et sous quel statut, la page mère du silo range les acteurs par catégorie avant toute comparaison de prix.
Quatre catégories d'intermédiaires, et une seule voit tout le marché
Le mot « courtier » sert d'enseigne à des professionnels qui n'ont pas les mêmes droits. L'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution distingue quatre catégories d'intermédiaires en opérations de banque et en services de paiement, et la catégorie décide de l'étendue de ce qu'on peut vous proposer.
| Catégorie | Ce que cela change pour vous |
|---|---|
| Courtier | Il agit sous votre mandat, sans lien d'exclusivité avec un établissement. C'est la seule catégorie qui peut, en principe, aller voir tout le marché. |
| Mandataire exclusif | Il travaille pour un seul prêteur. Il n'a donc qu'une offre à présenter. Ce n'est pas une faute, mais il doit vous le dire. |
| Mandataire non exclusif | Il agit sous mandat de plusieurs établissements, sans exclusivité — mais c'est le prêteur qui le mandate, pas vous. |
| Mandataire d'intermédiaire | Il agit sous le mandat d'un des trois précédents. C'est la catégorie la plus éloignée du prêteur, et souvent la moins lisible. |
Un exemple concret de mandataire exclusif
La distinction n'a rien de théorique. Relevé le 6 septembre 2026 : les Caisses régionales d'un grand assureur mutualiste distribuent des crédits dont le prêteur est un établissement tiers, et elles interviennent en qualité d'intermédiaires exclusifs en opérations de banque. L'agence que vous voyez n'est pas celle qui prête, et elle n'a qu'un seul barème à vous présenter.
« Sous quelle catégorie êtes-vous immatriculé, et combien de prêteurs pouvez-vous interroger sur mon dossier ? » La réponse se vérifie en deux minutes au registre, et elle vaut mieux qu'une discussion sur le taux.
Reste à savoir où se vérifie cette catégorie, et ce que le registre publie exactement.
Lire une immatriculation ORIAS en deux minutes
Tout intermédiaire doit être immatriculé au registre unique des intermédiaires, et cette immatriculation se renouvelle chaque année. Le registre est public et gratuit. Le numéro seul ne dit rien : c'est la fiche qu'il faut lire.
- Relevez la dénomination sociale exacte dans les mentions légales du site, pas le nom commercial affiché en page d'accueil. Les deux diffèrent souvent.
- Cherchez cette dénomination dans le registre ORIAS, et non le numéro qu'on vous a donné : un numéro se recopie, une dénomination se recoupe.
- Lisez la catégorie inscrite — courtier, mandataire exclusif, mandataire non exclusif ou mandataire d'intermédiaire. C'est l'information la plus utile de la fiche.
- Vérifiez la date de validité. Une immatriculation expirée n'est pas une immatriculation, et un statut passé n'autorise rien aujourd'hui.
- Comparez ce que dit le registre et ce que dit le site. L'écart entre les deux est le seul indicateur qui ne se maquille pas.
EmpruntGo est un site d'information et de comparaison. Il n'est pas immatriculé à l'ORIAS, ne se prévaut d'aucun statut d'intermédiaire, ne monte aucun dossier et n'encaisse aucune somme. Votre demande est étudiée par des partenaires financiers, qui sont, eux, des professionnels immatriculés ou agréés.
Ce que le registre ne dit pas, et qu'il faut demander
Le registre atteste d'un statut, pas d'une qualité de service. Il ne publie ni le nombre de prêteurs réellement conventionnés, ni les taux de transformation, ni les honoraires pratiqués. Ces trois éléments se demandent par écrit, avant tout envoi de pièces. Un professionnel qui répond précisément sur les deux premiers points vous donne déjà une information que la SERP ne publie nulle part.
Une fois le statut vérifié, la question suivante est celle du prix — et c'est là que les réponses du marché deviennent contradictoires.
Comment il est payé : une règle de droit, et un plafond mécanique
Les honoraires annoncés sur le marché vont de « gratuit » à des pourcentages du montant financé qui varient du simple au décuple selon l'acteur interrogé. Ces réponses ne peuvent pas être vraies en même temps. Deux règles suffisent pourtant à cadrer le sujet, et elles ne dépendent d'aucun barème commercial.
Règle 1 : rien avant le déblocage des fonds
Toute personne qui apporte son concours à l'obtention d'un prêt, immatriculée ou non, ne peut percevoir aucune somme au titre de frais d'étude, de recherche, de démarches, de constitution de dossier ou d'entremise avant le versement effectif des fonds prêtés (article L.519-6 du code monétaire et financier). Ni frais de dossier, ni « frais d'étude », ni caution, ni abonnement. Une assurance imposée relève, elle, de la vente liée, régie par le code de la consommation, et non de ce texte. La conséquence pratique est simple : si le prêt n'est pas débloqué, le courtier n'est pas payé. Son intérêt et le vôtre convergent jusqu'à la signature — et divergent sur la durée, comme on le verra plus bas.
Règle 2 : la commission entre dans le TAEG, et le TAEG est plafonné
La commission de courtage n'est pas un frais annexe : elle fait partie du coût total du crédit et se retrouve donc dans le taux annuel effectif global. Or ce TAEG ne peut pas dépasser le seuil de l'usure publié chaque trimestre par la Banque de France. La rémunération du courtier est donc bornée par la loi, quel que soit ce que dit le mandat.
| Type d'opération | Le TAEG ne peut pas dépasser |
|---|---|
| Prêt de trésorerie jusqu'à 3 000 € | 23,53 % |
| Prêt de trésorerie de 3 000 à 6 000 € | 15,67 % |
| Prêt de trésorerie au-delà de 6 000 € | 8,56 % |
| Prêt > 75 000 € à taux fixe, 10 à moins de 20 ans | 4,57 % |
| Prêt > 75 000 € à taux fixe, 20 ans et plus | 5,29 % |
Lisez ce tableau à l'envers : sur un regroupement de consommation, tout doit tenir sous 8,56 % — le taux du prêteur, les frais de dossier, la garantie éventuelle et la commission du courtier. Plus le prêteur prend de marge, moins il reste de place pour le courtage. Le plafond exact en euros dépend du dossier et n'est pas publiable sans le détail des frais réels : ce qui est certain, c'est qu'il existe.
Pourquoi certains annoncent « gratuit »
Parce qu'ils ne vous facturent rien : ils sont rémunérés par le prêteur, sous forme de commission d'apport d'affaires. L'opération n'est pas gratuite pour autant — cette commission est un coût du prêteur, qui la répercute dans son barème. Le mot « gratuit » décrit qui émet la facture, pas l'absence de coût. La seule façon de trancher est de regarder le TAEG de l'offre : il intègre tout ce qui est facturé, d'où qu'il vienne. Une offre sans honoraires affichés mais au TAEG plus élevé revient plus cher qu'une offre avec commission et TAEG plus bas.
Une commission exprimée en pourcentage du capital regroupé augmente avec le montant financé. Ajouter de la trésorerie ou allonger la durée grossit l'opération — et la commission avec. Or allonger la durée, payer plus d'intérêts est exactement le mécanisme qui rend un regroupement cher. Demandez toujours le coût total en euros, pas la seule mensualité.
Reste la vraie question : dans quels cas ce coût est-il repayé par le résultat obtenu.
Quand le courtage se rentabilise, et quand il n'apporte rien
Le courtier ne se juge pas sur son tarif mais sur l'écart entre ce que vous auriez obtenu seul et ce qu'il obtient. Cet écart est réel dans certains dossiers, nul dans d'autres.
| Votre situation | Le courtage apporte-t-il quelque chose ? |
|---|---|
| Cinq crédits chez quatre prêteurs différents | Oui : il sait lesquels acceptent ce niveau de dispersion, et évite les demandes à répétition. |
| Revenus non salariés, indépendant, intérim | Oui : peu de prêteurs instruisent ces revenus, et l'orientation vaut plus que le taux. |
| Dossier tendu, incidents passés | Oui : la présentation du dossier change le résultat, et le refus se prépare autant que l'accord. |
| Un seul prêt, bon profil, banque satisfaite | Non : votre banque décide plus vite, sur ce qu'elle connaît déjà. |
| Petit montant de trésorerie | Non : la commission pèse trop lourd rapportée au capital. |
L'ordre de grandeur qui remet la commission à sa place
Un exemple chiffré vaut mieux qu'un débat sur les honoraires. Calcul EmpruntGo, sur 40 000 € au taux débiteur de 7,30 %, hors assurance et hors frais : sur 120 mois, la mensualité ressort à 471 € et les intérêts à 16 477 € ; sur 180 mois, la mensualité tombe à 366 € mais les intérêts montent à 25 929 €. Cinq ans de plus coûtent 9 452 € d'intérêts supplémentaires. Autrement dit, la durée retenue pèse lourd, très lourd, sur le coût final, et c'est sur elle qu'il faut concentrer la discussion.
Le repère qui manque à la plupart des lecteurs
Avant de mandater qui que ce soit, il est utile de savoir ce que votre dossier vaut. Une simulation faite chez vous donne un ordre de grandeur de mensualité et de coût total ; c'est le seul moyen de juger si la proposition rapportée par un courtier est bonne. Rien n'empêche de tester son dossier avant de déposer : c'est un simple calcul fait chez soi, qui n'est pas une demande de crédit.
Vient ensuite le moment du mandat, qui est un contrat — et qui se lit comme tel.
« Courtier pour FICP » : ce que l'inscription change vraiment
C'est l'une des requêtes les plus fréquentes du sujet, et l'une des plus mal traitées. Une inscription au fichier national des incidents de remboursement des crédits aux particuliers ne vous interdit pas d'emprunter : aucun texte ne l'interdit. Elle oblige en revanche tout prêteur à consulter le fichier avant d'accorder un crédit, et presque tous refusent tant que l'inscription court.
Les durées, et le fait que personne ne rappelle
Une inscription pour incident de remboursement dure 5 ans. Un plan de surendettement peut porter l'inscription jusqu'à 7 ans (code de la consommation, articles L.751-1 à L.752-2). Mais la radiation est anticipée dès que la dette est régularisée : l'inscription tombe alors avant le terme, et c'est le point que la plupart des pages omettent.
| Ce qu'on vous promet | Ce qui est vrai |
|---|---|
| « Nous effaçons votre fichage » | Faux. Seul le créancier qui a déclaré l'incident peut demander la radiation, une fois la dette régularisée. |
| « Nous avons des prêteurs qui acceptent les FICP » | Rare, et à vérifier : la consultation du fichier est obligatoire pour tout prêteur avant l'octroi. |
| « Un rachat hypothécaire passe malgré le fichage » | Parfois instruit quand un bien est apporté en garantie, mais rien n'est acquis et le coût de la garantie s'ajoute. |
| « Payez les frais de déblocage et c'est réglé » | Interdit : aucune somme avant le versement des fonds prêtés. |
Sur ce type de dossier, l'apport réel d'un professionnel n'est pas le taux : c'est de savoir quels prêteurs instruisent, et surtout de vous dire quand la réponse est non. Multiplier les demandes pendant une inscription abîme le dossier sans rien produire, et fait perdre les mois qui auraient servi à régulariser.
Le mandat : cinq vérifications avant de signer
Le mandat de recherche de capitaux est le contrat qui vous lie au courtier, et il fixe la rémunération. La catégorie « courtier » suppose, par définition, un mandat du client (code monétaire et financier, art. R.519-4). Exigez-en une copie : à défaut d'écrit, la rémunération est contestable.
- Le montant ou le taux de la commission, et son assiette : sur le capital regroupé, sur la trésorerie, sur le total.
- Le moment du paiement : il ne peut être qu'après le versement effectif des fonds. Toute autre rédaction est illicite.
- L'exclusivité : un mandat exclusif vous interdit d'aller voir ailleurs pendant sa durée. Vérifiez cette durée, et ce qui se passe à son terme.
- La liste des prêteurs que le professionnel peut interroger, ou au minimum leur nombre. Un mandataire exclusif n'en a qu'un.
- Les pièces demandées. Un courtier a besoin des mêmes documents que le prêteur, ni plus ni moins : c'est exactement ce que la banque demande au dépôt du dossier qui fixe la limite — pas de code d'accès bancaire, pas de mot de passe, pas de virement.
Trois signaux imposent d'arrêter sur-le-champ : une somme réclamée avant le déblocage des fonds, quel que soit son libellé ; un mandat qu'on refuse de vous remettre en copie ; une promesse d'accord ou de taux formulée avant l'étude du prêteur. Aucun de ces trois faits n'est une pratique agressive : ce sont des manquements.
Un courtier présente, il n'accorde pas. Il est payé après le déblocage des fonds, jamais avant. Sa catégorie d'immatriculation dit combien de prêteurs il peut réellement interroger, et sa commission est bornée par le seuil d'usure du trimestre. Ces quatre phrases suffisent à conduire un rendez-vous.
Un dernier réflexe, souvent oublié : demandez que les échanges importants passent par écrit. Un engagement pris au téléphone ne se retrouve nulle part, et c'est précisément sur le montant de la commission et sur la durée retenue que les malentendus se produisent. Un courriel qui reprend ces deux chiffres ne coûte rien à personne.
Avec ces repères, une proposition se juge sur trois chiffres — le TAEG, la durée retenue et le coût total en euros — et la discussion cesse de porter sur la seule mensualité.
Les questions que vous nous posez
Combien prend un courtier en rachat de crédit ?
Le montant figure sur le mandat que vous signez : il n'existe pas de tarif officiel. Ce qui est certain, c'est que la commission entre dans le TAEG de l'offre, et que ce TAEG ne peut pas dépasser le seuil d'usure du trimestre — 8,56 % au-delà de 6 000 € en trésorerie au 3e trimestre 2026. La commission est donc bornée par la loi.
Quand paie-t-on le courtier ?
Après le versement effectif des fonds prêtés, jamais avant. L'article L.519-6 du code monétaire et financier interdit à toute personne qui apporte son concours à l'obtention d'un prêt, immatriculée ou non, de percevoir des frais d'étude, de recherche, de démarches, de constitution de dossier ou d'entremise avant ce versement. Si l'opération n'aboutit pas, rien n'est dû.
Un courtier peut-il m'accorder un rachat de crédit ?
Non. Il présente votre dossier à des prêteurs, il n'en accorde aucun. L'accord appartient à l'établissement de crédit qui édite l'offre de prêt. Un « accord de principe » annoncé par un intermédiaire n'engage personne tant que l'offre n'est pas éditée.
Comment vérifier qu'un courtier est bien immatriculé ?
Relevez sa dénomination sociale dans les mentions légales, cherchez-la dans le registre ORIAS, puis lisez la catégorie et la date de validité. La catégorie — courtier, mandataire exclusif, non exclusif, mandataire d'intermédiaire — dit combien de prêteurs il peut réellement interroger.
Passer par un courtier ou aller en direct ?
En direct suffit quand il y a un seul prêt, un bon profil et une banque qui vous connaît. Le courtier se rentabilise sur les dossiers dispersés, les revenus non salariés et les situations tendues, parce qu'il sait quels prêteurs instruisent ces profils.
EmpruntGo est-il un courtier ?
Non. EmpruntGo est un site d'information et de comparaison : il n'est pas immatriculé à l'ORIAS, ne se prévaut d'aucun statut d'intermédiaire, ne monte aucun dossier et n'encaisse aucune somme auprès de ses visiteurs. Les demandes déposées sont étudiées par des partenaires financiers, qui sont, eux, des professionnels agréés ou immatriculés.
Nos sources
- ACPR — les 4 catégories d'intermédiaires en opérations de banque et en services de paiement — consulter la source
- Banque de France — seuils de l'usure du 3e trimestre 2026, applicables aux contrats conclus à partir du 1er juillet 2026 — consulter la source
- Code de la consommation — consulter la source
- Service-Public.fr — crédit à la consommation : les obligations de l'établissement prêteur — consulter la source
