Un ménage, deux durées, et les deux chiffres posés côte à côte
Vous êtes agent de maintenance, votre conjointe travaille à temps partiel dans une école. Ensemble, vous portez 40 000 € de crédits qui se terminent tous dans sept ans, pour 610 € par mois. La somme passe, mais sans marge : une chaudière, un contrôle technique, et le mois bascule. EmpruntGo a chiffré les deux issues sur ce dossier, au taux débiteur de 7,30 %, hors assurance et hors frais.
Vous avez le choix entre garder vos 84 mois et repartir sur 180 mois. Le premier chemin vous coûte 610 € par mois et 11 206 € d'intérêts en tout. Le second vous coûte 366 € par mois et 25 929 € d'intérêts. Vous récupérez 244 € de respiration chaque mois pendant sept ans, puis vous continuez de payer 366 € pendant huit ans de plus.
| Ce qui est mesuré | 84 mois | 180 mois |
|---|---|---|
| Mensualité | 610 € | 366 € |
| Intérêts payés | 11 206 € | 25 929 € |
| Total remboursé | 51 240 € | 65 929 € |
| Nombre d'échéances | 84 | 180 |
Les deux colonnes sont vraies en même temps. Un courtier du top 10 écrit que l'opération « permet de faire des économies », un prêteur écrit que « le coût total est plus élevé » : les deux ont raison, puisqu'ils ne parlent pas de la même ligne. Posez toujours les deux mots dans la même phrase, mensualité et coût total, et exigez les deux chiffres sur l'offre.
Le « jusqu'à 60 % » que trois éditeurs publient, et ce qu'il mesure
Le 7 septembre 2026, EmpruntGo a relevé la promesse la plus répandue de la SERP. Trois éditeurs annoncent une baisse de mensualité pouvant atteindre 60 %, sans en publier l'origine, sans exemple chiffré, et sans dire de quoi ce pourcentage dépend.
Sur le dossier ci-dessus, ce chiffre est hors d'atteinte, pour une raison purement arithmétique. Le premier mois, les intérêts de 40 000 € à 7,30 % valent déjà 243,33 €. Une mensualité de 244 €, soit 60 % de moins que 610 €, rembourserait 67 centimes de capital par mois : il faudrait 973 mois, plus de quatre-vingts ans. Le calcul est le nôtre, il se refait en trente secondes.
Une baisse de 60 % s'obtient quand vos crédits actuels sont courts, par exemple une réserve d'argent remboursée sur trois ans et un prêt auto sur quatre. Le pourcentage mesure l'écart entre vos durées actuelles et la durée du nouveau prêt. Il ne mesure aucune performance de l'opération, et il n'annonce rien sur le taux obtenu.
La conséquence pratique tient en une phrase : ne comparez jamais deux propositions sur un pourcentage de baisse, comparez-les sur la mensualité en euros et sur le coût total.
Les quatre avantages qui se vérifient sur pièces
Une aide à domicile de 54 ans porte quatre crédits, dont deux réserves d'argent, à quatre dates de prélèvement différentes. Voici ce que l'opération lui apporte réellement.
1. Une charge mensuelle plus basse, immédiatement
C'est l'avantage principal, et le seul qui produit un effet dès le premier mois. Il se mesure en euros sur l'offre, jamais en pourcentage dans une publicité.
2. Une seule date, donc moins d'incidents
Quatre prélèvements répartis dans le mois multiplient les risques de rejet. Un rejet coûte des frais et, s'il se répète, il conduit à une inscription au fichier des incidents de remboursement des crédits aux particuliers, pour cinq ans en cas d'incident et jusqu'à sept ans dans le cadre d'un plan de surendettement (code de la consommation, articles L.751-1 à L.752-2). Ramener quatre dates à une seule réduit ce risque mécaniquement.
3. Un taux fixe à la place d'un taux révisable de réserve
Un crédit renouvelable se rembourse à un taux qui peut atteindre le plafond légal de sa tranche : 23,53 % jusqu'à 3 000 € empruntés, 15,67 % de 3 000 à 6 000 €, 8,56 % au-delà (Banque de France, seuils de l'usure 2026-Q3, applicables au 1er juillet 2026). Remplacer une réserve par un prêt amortissable à taux fixe fait baisser le coût du capital repris, en plus de la mensualité.
4. Une assurance que vous pouvez changer ensuite
Depuis la loi du 28 février 2022, l'assurance emprunteur se résilie à tout moment, et le questionnaire de santé disparaît lorsque la part assurée reste sous 200 000 € par personne et que le remboursement s'achève avant vos 60 ans. Le levier existe pendant toute la vie du prêt.
Ces quatre points se vérifient sur des textes ou sur des chiffres publiés. Les inconvénients demandent le même traitement.
Les trois inconvénients dont le marché parle le moins
Un couple de trentenaires signe un regroupement de 62 000 € et se sent soulagé pendant huit mois. Puis la mensualité redevient lourde, parce que trois mécanismes ont continué de tourner sans qu'on les leur explique.
La réserve d'argent est soldée, le contrat reste ouvert
Le rachat rembourse le solde utilisé de votre crédit renouvelable. Il ne résilie pas le contrat, qui vit de son côté avec son plafond intact et sa carte associée. Trois mois plus tard, la réserve est de nouveau disponible, et le premier imprévu la remplit. Vous portez alors le regroupement et la réserve, donc plus de dette qu'avant l'opération. La résiliation se demande par écrit à l'établissement qui détient le contrat, après le déblocage des fonds, et rien ne l'automatise.
La garantie met le logement dans la balance
Au-delà d'un certain montant, ou quand le dossier bascule en régime immobilier, le prêteur demande une garantie réelle sur le bien. Deux postes se chiffrent avant de signer : la taxe de publicité foncière, 0,71498 % du capital garanti (code général des impôts, article 663), et la contribution de sécurité immobilière, 0,05 % (service de la publicité foncière). Sur 120 000 € garantis, ces deux lignes font 918 €, auxquels s'ajoutent les émoluments du notaire, que nous ne publions pas faute de tarif relevé : exigez un devis. Le point lourd reste ailleurs. L'inscription vit jusqu'à la date portée au bordereau, un an au plus après la dernière échéance (code civil, articles 2429 et 2430), et en cas d'impayé durable le logement sert de recours au prêteur.
Un accord ne répare pas un budget en déficit
Si vos charges dépassent durablement vos revenus, allonger la durée déplace la difficulté de deux ans et alourdit le total. La commission de surendettement traite gratuitement ce que le crédit ne sait plus traiter, et la suspension des poursuites découle de la décision de recevabilité, pas du dépôt du dossier (code de la consommation, article L.722-2). Faites le calcul de votre reste à vivre avant de demander quoi que ce soit : c'est lui qui dit laquelle des deux voies vous concerne.
Ces trois points se règlent avant la signature, à condition de les poser sur la table.
L'assurance se resouscrit à l'âge que vous avez le jour du rachat
Un couple de 58 et 61 ans fait racheter le solde d'un prêt immobilier et deux crédits à la consommation. Leur assurance d'origine, souscrite à 40 ans, disparaît avec les prêts soldés. La nouvelle se tarife sur leur âge d'aujourd'hui, et le poste change d'ordre de grandeur. Aucune des neuf pages relevées sur les avantages et inconvénients ne signale ce mécanisme.
| Âge de l'assuré | Taux annoncé par cet éditeur |
|---|---|
| Moins de 30 ans | 0,10 % à 0,38 % |
| 30 à 55 ans | 0,13 % à 0,65 % |
| 60 à 70 ans | 0,60 % à 1,00 % |
| Plus de 70 ans | 1,50 % à 2,00 % |
Le même éditeur publie un exemple : sur 100 000 € remboursés en quinze ans avec un taux d'assurance de 0,90 %, le seul poste assurance représente environ 13 500 €. Ces montants sont les siens, nous les citons comme tels. Il ajoute que les garanties d'incapacité et d'invalidité s'arrêtent souvent après 65 ans, que seul le décès demeure au-delà de 70 ans, et que la plupart des contrats cessent de couvrir vers 85 ans.
Le gain mensuel annoncé sur une simulation est presque toujours calculé hors assurance. Demandez la mensualité assurance comprise, puis comparez-la à ce que vous payez aujourd'hui, assurance comprise également. C'est le seul rapprochement qui a un sens.
Une fois le prêt en place, le contrat d'assurance reste changeable à tout moment, ce qui laisse un levier ouvert pour toute la durée.
Deux croyances fausses qui bloquent des dossiers viables
Beaucoup de ménages renoncent avant même de faire chiffrer leur situation, sur la foi de deux idées répandues qui ne correspondent à aucun texte.
« Un rachat de crédit fiche à la Banque de France »
Non. Le fichier des incidents de remboursement enregistre des incidents de paiement caractérisés et les mesures de surendettement, pas des opérations de crédit. Un regroupement souscrit et remboursé normalement n'y produit aucune inscription. La consultation du fichier par le prêteur, elle, est obligatoire avant tout accord (code de la consommation, article L.312-16).
« Après un rachat, on ne peut plus jamais emprunter »
Aucun texte ne l'interdit. En pratique, votre capacité d'emprunt est occupée par la nouvelle mensualité pendant toute la durée du prêt, donc un nouveau projet se heurte au taux d'endettement, pas à une interdiction. C'est une contrainte de calcul, qui se lève à mesure que le capital s'amortit.
Un dossier se juge sur des chiffres, jamais sur une réputation.
À qui l'opération convient, et à qui elle coûte plus qu'elle n'apporte
Le tri se fait sur trois critères simples, et il se pose avant d'appeler qui que ce soit.
- Votre budget est-il tendu ou déficitaire ? Tendu veut dire que vous tenez, sans marge. Déficitaire veut dire que le découvert grandit chaque mois. Le rachat traite le premier cas. Le second relève de la commission de surendettement.
- Vos crédits actuels coûtent-ils plus cher que le nouveau taux ? Une réserve d'argent proche du plafond de sa tranche mérite d'être remplacée. Un prêt à taux bas, souscrit il y a longtemps, mérite d'être conservé hors de l'opération.
- Le surcoût total est-il acceptable pour la respiration obtenue ? Sur notre dossier, 14 723 € achètent 244 € par mois pendant sept ans. À vous de dire si ce prix vaut la stabilité.
Le rachat de crédit est une bonne solution quand il évite des incidents et remplace des dettes chères, à condition de choisir la durée la plus courte que votre budget supporte. Il devient une mauvaise solution quand il sert à financer un déficit, quand il laisse une réserve ouverte derrière lui, ou quand il engage un logement pour une respiration de quelques dizaines d'euros.
Faites chiffrer les deux colonnes, mensualité et coût total, puis décidez avec les deux nombres sous les yeux.
Les questions que vous nous posez
Quels sont les inconvénients d'un rachat de crédit ?
L'allongement de la durée augmente le coût total : sur 40 000 € à 7,30 %, passer de 84 à 180 mois ajoute 14 723 € d'intérêts. S'y ajoutent les frais de dossier et de garantie, une assurance retarifée à votre âge actuel, et le fait que la réserve d'argent soldée reste ouverte tant que vous ne la résiliez pas.
Est-ce intéressant de faire un rachat de crédit ?
Cela dépend de ce que vous cherchez. Pour retrouver de la marge chaque mois, oui : le gain est immédiat et mesurable en euros. Pour payer moins cher au total, non dans la plupart des cas. L'opération devient nettement favorable quand elle remplace des crédits renouvelables proches du plafond de leur tranche.
Le rachat de crédit fait-il baisser la mensualité de 60 % ?
Trois éditeurs l'annoncent, relevé le 7 septembre 2026, sans publier d'origine. Ce pourcentage dépend uniquement de l'écart entre vos durées actuelles et la nouvelle. Sur 40 000 € à 7,30 %, une baisse de 60 % est impossible : les intérêts du premier mois valent déjà 243,33 €, presque la mensualité visée.
Un rachat de crédit inscrit-il à la Banque de France ?
Non. Le fichier des incidents de remboursement enregistre des incidents de paiement caractérisés et les mesures de surendettement, pour cinq ans, jusqu'à sept ans dans le cadre d'un plan. Un regroupement souscrit et remboursé normalement n'y figure pas. Le prêteur, lui, a l'obligation de consulter ce fichier avant d'accorder un crédit.
Peut-on emprunter après un rachat de crédit ?
Aucun texte ne l'interdit. Votre capacité est simplement occupée par la nouvelle mensualité, donc un projet supplémentaire se heurte au taux d'endettement calculé après opération. La marge se reconstitue à mesure que le capital s'amortit. Un prêteur évaluera votre solvabilité sur vos revenus et vos charges du moment.
Faut-il fermer son crédit renouvelable après un rachat ?
C'est vivement conseillé, et cela demande une démarche écrite. Le rachat solde le montant utilisé, il ne résilie pas le contrat : le plafond reste disponible et se recharge. Beaucoup de dossiers se dégradent ainsi dans l'année qui suit l'opération, avec un regroupement et une réserve à porter en même temps.
Nos sources
- Banque de France — seuils de l'usure du 3e trimestre 2026, applicables aux contrats conclus à partir du 1er juillet 2026 — consulter la source
- Code de la consommation, articles L.752-1 à L.752-3 — inscription et radiation au FICP : 5 ans pour un incident, jusqu'à 7 ans pour un plan de surendettement — consulter la source
- Code de la consommation — consulter la source
- Code civil, art. 2421 à 2434 — inscription des hypothèques : la date extrême d'effet ne peut dépasser d'un an la dernière échéance, ni cinquante ans (art. 2429 et 2430) — consulter la source
