Cinq crédits sur la table, 1 611,57 € par mois
Vous avez acheté votre maison en 2016 avec un prêt principal et un prêt à taux zéro. Depuis, la cuisine a été refaite, la voiture remplacée, et un prêt personnel a servi pour le reste. Cinq lignes partent de votre compte chaque mois. EmpruntGo a posé ce dossier au calcul le 7 septembre 2026, avec des taux retenus pour l'exemple, hors assurance et hors frais.
| Crédit | Capital restant dû | Taux | Mensualité | Intérêts restants |
|---|---|---|---|---|
| Prêt immobilier (132 mois restants) | 78 000 € | 1,15 % | 629,35 € | 5 075 € |
| Prêt à taux zéro (108 mois) | 22 000 € | 0 % | 203,70 € | 0 € |
| Prêt travaux (48 mois) | 9 200 € | 6,40 % | 217,75 € | 1 252 € |
| Crédit auto (42 mois) | 11 500 € | 5,90 % | 303,72 € | 1 256 € |
| Prêt personnel (36 mois) | 8 300 € | 7,20 % | 257,04 € | 953 € |
Le total mensuel atteint 1 611,57 €. Vos revenus s'établissent à 3 200 € nets, donc 50,4 % de vos ressources partent en remboursements. Un conseiller vous propose de tout reprendre en une seule opération, avec une mensualité annoncée bien plus basse. La proposition est sincère, et elle est mécanique : plus le capital repris est gros, plus la durée peut s'allonger, donc plus la mensualité affichée descend. Avant d'accepter, regardez ce que chaque ligne coûte réellement, parce que deux de vos cinq crédits vous coûtent aujourd'hui moins cher que ce que le nouveau prêt leur appliquerait.
La règle de tri tient dans une comparaison de taux
Un regroupement remplace un taux par un autre. Donc tout prêt dont le taux est inférieur au taux du nouveau prêt devient plus cher une fois racheté. Tout prêt dont le taux est supérieur devient moins cher. La règle se lit ligne par ligne, et elle décide de la composition de l'opération.
Ce que coûte un prêt immobilier de 2016 repris aujourd'hui
Votre prêt immobilier porte 1,15 % et il lui reste 5 075 € d'intérêts à courir. Repris dans un regroupement à 4,20 % sur la même durée restante, il produirait 19 535 € d'intérêts, et sa mensualité passerait de 629,35 € à 738,90 €. Vous paieriez donc 14 460 € de plus au total et 109,55 € de plus chaque mois. L'opération dégrade les deux colonnes à la fois.
Et le prêt à taux zéro
Il ne coûte aucun intérêt aujourd'hui. Racheté à 3,90 % sur ses 108 mois restants, il en produirait 4 122 €, avec une mensualité portée de 203,70 € à 241,87 €. Un éditeur du top 10, relevé le 7 septembre 2026, écrit qu'un prêt à taux zéro laissé en dehors du regroupement conserve son taux auprès de son prêteur d'origine. Le même éditeur précise qu'il doit malgré tout être déclaré dans le dossier, puisqu'il compte dans le calcul de l'endettement.
Comparez au TAEG, pas au taux affiché
Un détail change le résultat du tri. Le taux annoncé dans une publicité est un taux débiteur : il ne contient que les intérêts. Le taux annuel effectif global, lui, intègre les frais de dossier, le coût de la garantie et les frais obligatoires. C'est ce second chiffre qu'il faut opposer au taux de vos prêts actuels, sous peine de faire entrer dans l'opération un crédit qui aurait dû rester dehors. Réclamez-le sur la proposition : il figure obligatoirement sur l'offre préalable, avec la mensualité, la durée et le coût total du crédit. Un écart d'un point entre le taux débiteur affiché et le TAEG suffit à inverser la décision sur un prêt ancien.
Sur ce dossier, conserver le prêt immobilier et le prêt à taux zéro évite 18 582 € d'intérêts par rapport à un rachat total, et laisse la mensualité plus basse sur ces deux lignes. Les trois crédits à la consommation, eux, portent des taux supérieurs au taux proposé : ils entrent dans l'opération.
Reste à vérifier ce que le regroupement de ces trois lignes apporte vraiment.
Trois crédits regroupés : 336,56 € de moins par mois, 4 662 € de plus
Les trois crédits à la consommation totalisent 29 000 € de capital restant dû et 778,51 € de mensualités. Regroupés sur 84 mois au taux débiteur de 7,30 %, hors assurance et hors frais, ils donnent une échéance unique de 441,95 €.
| Ce qui est mesuré | Avant | Après |
|---|---|---|
| Nombre de prélèvements | 5 | 3 |
| Mensualité totale | 1 611,57 € | 1 275,01 € |
| Intérêts restants sur les 3 crédits repris | 3 462 € | 8 124 € |
| Taux d'endettement pour 3 200 € de revenus | 50,4 % | 39,8 % |
Vous récupérez 336,56 € par mois. Vous payez 4 662 € d'intérêts supplémentaires sur ces trois lignes, parce que des crédits qui finissaient dans trois ou quatre ans se remboursent désormais en sept ans. Ce prix se compare à la respiration obtenue, pas à un idéal.
Le partiel garde une qualité que le total n'a pas : il laisse intactes les dates de fin des prêts conservés. Votre prêt travaux s'arrêtait dans quatre ans, il s'arrêtera dans sept. Votre prêt immobilier, lui, se terminera à la date prévue en 2016, sans un mois de plus.
La question suivante porte sur l'accord lui-même, puisque les prêts conservés continuent de compter.
Les prêts que vous gardez restent dans le calcul d'endettement
Une assistante maternelle nous écrit qu'elle a été refusée après avoir sorti son prêt immobilier de l'opération, en pensant que le dossier serait plus léger. Le mécanisme est l'inverse. Un prêteur calcule votre taux d'endettement après opération sur la totalité de vos charges de crédit, celles qu'il rachète et celles qu'il laisse.
Sur notre dossier, l'endettement passe de 50,4 % à 39,8 % pour 3 200 € de revenus. La baisse est réelle. Le niveau final, lui, reste élevé, parce que 833,05 € de mensualités conservées continuent de peser. Un rachat partiel améliore donc la situation sans la transformer. Voilà pourquoi il se chiffre avant d'être engagé, avec le niveau d'arrivée écrit sur l'offre.
Le seuil que deux éditeurs publient différemment
Le 7 septembre 2026, EmpruntGo a relevé deux chiffres contradictoires sur la même opération. Un courtier écrit que le taux d'endettement après opération « ne peut pas dépasser 35 % ». Un autre pose la limite à « moins de 40 % après le déblocage ». Aucun des deux ne cite de source.
Le seuil de 35 % vient de la décision n° D-HCSF-2021-7 du Haut Conseil de stabilité financière. Il porte sur le crédit immobilier, assurance comprise, avec une durée maximale de 25 ans et une marge de dérogation de 20 % des dossiers. Il n'a jamais été écrit pour un regroupement de crédits à la consommation. Chaque établissement applique sa propre règle interne, qu'il ne publie pas.
Demandez donc le taux d'endettement retenu sur votre dossier, avec le détail des lignes comptées, plutôt qu'un seuil général.
Deux exceptions à la règle du taux, et les frais qui les tranchent
La comparaison de taux donne la réponse dans la grande majorité des dossiers. Deux situations la débordent.
Un crédit bon marché dont la mensualité vous étrangle
Un retraité porte un prêt travaux à 2,90 % qui se rembourse en 24 mois, pour 640 € par mois. Le taux est bas, la règle dirait de le conserver. Sa pension ne le permet pas. Ici, le motif de reprise est le soulagement immédiat, pas l'économie : le crédit entre dans l'opération en connaissance de cause, avec le surcoût que cela suppose. Écrivez ce surcoût avant de signer.
Un crédit qui se termine dans quelques mois
Reprendre une ligne à laquelle il reste six échéances apporte peu de marge et rallonge une dette presque éteinte. Laissez-la mourir de sa belle mort, sauf si son capital est important.
L'indemnité de remboursement anticipé, crédit par crédit
Chaque prêt racheté est remboursé par anticipation, donc chaque prêt peut porter une indemnité. En crédit à la consommation, elle est plafonnée à 1 % du capital remboursé, ou 0,5 % s'il reste moins d'un an à courir (code de la consommation, article D.312-1). Elle disparaît lorsque le total remboursé par anticipation sur douze mois ne dépasse pas 10 000 € (article L.312-34). Sur notre dossier, un seul des trois crédits dépasse ce montant à lui seul. Faites préciser par écrit comment votre prêteur apprécie ce seuil, contrat par contrat ou sur l'ensemble : les deux lectures circulent, et l'écart se compte en centaines d'euros.
En immobilier, quand un prêt conservé finit par entrer dans l'opération, l'indemnité obéit à une autre règle : 3 % du capital restant dû ou six mois d'intérêts, le plus faible des deux (article R.313-25).
Le partiel évite aussi de changer de régime en cours de route
Un dernier effet mérite d'être posé. Si vous repreniez les cinq crédits, la part immobilière représenterait 77,5 % des 129 000 € financés. Le dossier basculerait alors dans le régime du crédit immobilier : délai de réflexion de 10 jours au lieu des 14 jours de rétractation, garantie sur le logement fréquemment exigée, plafond de taux différent. Le seuil de bascule est de 60 % de part immobilière, tel que le publie un prêteur et que l'encadre la section du code de la consommation consacrée au regroupement de crédits.
En ne reprenant que les trois crédits à la consommation, vous restez dans le régime conso, sans garantie réelle, sans acte notarié, avec 14 jours pour changer d'avis après acceptation de l'offre. Le montage est plus léger, plus rapide, et il n'engage pas votre logement.
Composez l'opération vous-même, prêt par prêt. Sortez tout crédit dont le taux est inférieur au taux proposé, tout prêt aidé, et tout crédit à quelques échéances de sa fin. Prenez les crédits chers et ceux dont la mensualité pèse le plus. Puis demandez les deux chiffres sur l'offre : la mensualité totale une fois l'opération faite, prêts conservés compris, et le coût total des lignes reprises.
Une proposition qui ne détaille pas quels crédits elle reprend mérite d'être renvoyée à son expéditeur. Le tableau des crédits repris, avec leur capital restant dû et leur date de fin, se demande dès le premier échange : il coûte cinq minutes au conseiller et il vous évite de découvrir à la signature qu'un prêt aidé a été embarqué dans l'opération.
Les questions que vous nous posez
C'est quoi un rachat partiel ?
C'est un regroupement qui ne reprend qu'une partie de vos crédits. Les autres restent chez leur prêteur d'origine, à leur taux et à leur échéance. On garde en général un prêt immobilier ancien à taux bas, un prêt aidé comme un prêt à taux zéro, et les crédits à quelques mois de leur terme.
Comment savoir quels crédits regrouper ?
Comparez le taux de chaque prêt au taux proposé pour le regroupement. Au-dessus, le rachat fait baisser le coût de cette ligne. En dessous, il l'augmente. Sur notre exemple, reprendre un prêt immobilier à 1,15 % au taux de 4,20 % ajouterait 14 460 € d'intérêts et 109,55 € de mensualité.
Peut-on garder son prêt immobilier et racheter le reste ?
Oui, c'est le cas le plus fréquent. Le prêt immobilier garde son taux, sa durée et sa garantie, et seuls les crédits à la consommation entrent dans l'opération. Le prêteur tiendra compte de la mensualité conservée dans le calcul de votre taux d'endettement après opération.
Un prêt à taux zéro peut-il être racheté ?
Il peut entrer dans un regroupement, mais il y perd son intérêt principal : il devient un capital comme un autre, financé au taux du nouveau prêt. Sur notre exemple, 22 000 € repris à 3,90 % sur 108 mois coûteraient 4 122 € d'intérêts là où ils n'en coûtent aucun aujourd'hui.
Rachat partiel ou total, lequel coûte le moins cher ?
Le partiel, dès qu'un prêt conservé porte un taux inférieur au taux proposé. Le total peut l'emporter quand tous vos crédits sont chers, ou quand la baisse de mensualité recherchée dépasse ce que les seuls crédits à la consommation permettent. Le calcul se fait ligne par ligne, jamais en bloc.
Un rachat partiel est-il plus facile à obtenir ?
Il est souvent plus léger à monter : montant plus faible, régime du crédit à la consommation, aucune garantie réelle sur le logement dans la plupart des cas. Mais le prêteur mesure votre endettement en incluant les prêts que vous conservez, donc un dossier chargé reste un dossier chargé.
Nos sources
- Haut Conseil de stabilité financière — décision n° D-HCSF-2021-7 : 35 % d'endettement assurance comprise, 25 ans maximum, 20 % de dérogations — consulter la source
- Service-Public.fr — informer le prêteur d'un remboursement par anticipation (modèle de lettre) — consulter la source
- Code de la consommation — consulter la source
- Code de la consommation — section « Regroupements de crédits », articles L.314-10 à L.314-14 — consulter la source
