Le calcul complet, ligne par ligne, sur un dossier chiffré
Vous avez acheté il y a six ans, en couple, une maison financée sur 23 ans. Il vous reste 168 000 € de capital et 17 ans d'échéances, à 3,45 % de taux débiteur. Votre banque prélève 1 089,65 € par mois. Un établissement vous propose de reprendre ce prêt à 2,95 % sur la même durée. La question tient en trois soustractions.
Hypothèses EmpruntGo : capital restant dû de 168 000 €, 204 mensualités restantes, taux débiteur actuel de 3,45 %, nouveau taux débiteur de 2,95 % sur 204 mois, mensualités constantes, hors assurance. Les deux taux sont des hypothèses de travail, pas des taux relevés sur le marché. Le capital garanti est pris égal au capital emprunté, indemnité comprise.
| Étape | Détail | Montant |
|---|---|---|
| 1. Intérêts restant dus sur le prêt actuel | 1 089,65 € × 204 échéances, moins 168 000 € de capital | 54 289 € |
| 2. Intérêts du nouveau prêt à durée identique | 1 048,21 € × 204 échéances, moins 168 000 € de capital | 45 835 € |
| Écart d'intérêts | Étape 1 moins étape 2 | 8 454 € |
| 3. Indemnité de remboursement anticipé | Le plus faible de 3 % de 168 000 € (5 040 €) ou de six mois d'intérêts au taux moyen du prêt (2 898 €) | 2 898 € |
| 3. Garantie du nouveau prêt | 0,71498 % de taxe de publicité foncière et 0,05 % de contribution de sécurité immobilière sur 170 898 € garantis | 1 307 € |
| Total des frais calculables | 4 205 € | |
| GAIN NET | Écart d'intérêts moins frais | 4 249 € |
Un demi-point d'écart sur un prêt à mi-vie rapporte donc 4 249 € dans nos hypothèses. Regardez surtout la proportion : les frais calculables consomment la moitié de l'écart d'intérêts. Un simulateur qui s'arrête à la ligne « écart d'intérêts » vous annonce 8 454 €, soit le double du gain réel.
Deux montants restent à ajouter à la ligne des frais : les frais de dossier du nouveau prêteur et les émoluments du notaire qui publie la garantie. Aucun des deux n'est publié sur les pages des enseignes que nous suivons. Demandez le premier en euros avant l'édition de l'offre, et le second sous forme de devis écrit.
Ces deux postes manquants ne sont pas les seuls que les calculettes du marché escamotent.
Les quatre postes de frais, et ce que chacun vaut réellement
Les neuf pages relevées le 7 septembre 2026 publient toutes une liste de frais. Elles publient aussi des barèmes qui se contredisent, sur des assiettes qu'elles ne nomment pas. Voici le tri par statut : ce que la loi plafonne, ce que l'État tarife, et ce qui n'est publié nulle part.
| Poste | Statut | Sur notre dossier |
|---|---|---|
| Indemnité de remboursement anticipé | Plafonnée par la loi : le plus faible de 3 % du capital restant dû ou de six mois d'intérêts sur le capital remboursé au taux moyen du prêt (article R.313-25) | 2 898 € |
| Nouvelle garantie | Deux lignes tarifées par l'État : 0,71498 % de taxe de publicité foncière et 0,05 % de contribution de sécurité immobilière, soit 0,76498 % du capital garanti | 1 307 € |
| Mainlevée de l'hypothèque existante | Aucune taxe de publicité foncière n'est due sur la publication de l'acte de mainlevée (BOFiP). Les émoluments du notaire n'ont pas pu être relevés | Devis notaire |
| Frais de dossier et rémunération d'intermédiaire | Aucun plafond légal, aucun barème publié par les enseignes que nous suivons | Non publiés |
Trois contradictions relevées le 7 septembre 2026
Elles portent chacune sur des centaines d'euros, et elles se tranchent avec un texte.
La mainlevée facturée en pourcentage. Un éditeur annonce « 0,7 à 0,8 % du prêt initial », un autre « entre 0,3 % et 0,8 % du capital restant dû ». Deux fourchettes, deux assiettes. La doctrine fiscale, elle, pose qu'aucune taxe de publicité foncière n'est due sur la publication de l'acte de mainlevée. Le 0,71498 % ne s'applique qu'à l'inscription d'une garantie nouvelle. Ce qui reste, ce sont les émoluments du notaire, que nous ne chiffrons pas.
La garantie annoncée « 1 à 2 % du montant ». Deux éditeurs l'écrivent, aucun ne dit de quel montant. Sur 168 000 €, cette fourchette donne une facture comprise entre 1 680 € et 3 360 €, quand les deux lignes réellement tarifées en font 1 307 €.
L'indemnité calculée « au taux initial ». Un éditeur écrit que les six mois d'intérêts se calculent au taux initial du prêt. Le texte dit « au taux moyen du prêt ». Sur un prêt à taux fixe jamais modifié, les deux se confondent. Sur un prêt modulé ou renégocié, l'écart est réel, et il joue toujours dans le même sens.
Un dernier repère utile : les six mois d'intérêts égalent exactement 3 % du capital restant dû quand le taux du prêt soldé vaut 6 %. En dessous, l'indemnité due est celle des six mois. Au-dessus, ce sont les 3 %. Votre prêt à 3,45 % relève donc du premier terme.
Le piège de la durée : le même dossier passe de 4 249 € gagnés à 4 522 € perdus
Reprenons votre prêt. Le conseiller vous propose la même offre à 2,95 %, cette fois sur 20 ans au lieu de 17. L'échéance tombe à 927,52 € au lieu de 1 048,21 €, soit 162 € de moins par mois qu'avec votre prêt actuel. La proposition paraît meilleure. Elle est plus chère.
| Prêt actuel 3,45 % sur 204 mois | Rachat à durée identique 2,95 % sur 204 mois | Rachat allongé 2,95 % sur 240 mois | |
|---|---|---|---|
| Mensualité | 1 089,65 € | 1 048,21 € | 927,52 € |
| Intérêts payés | 54 289 € | 45 835 € | 54 606 € |
| Écart d'intérêts | 8 454 € économisés | 317 € de plus qu'en ne faisant rien | |
| Frais calculables | 4 205 € | 4 205 € | |
| Gain net | + 4 249 € | − 4 522 € |
Trois années de plus suffisent à effacer le bénéfice du demi-point obtenu, puis à le transformer en perte. La baisse de 162 € par mois est réelle : elle se paie 4 522 € sur la durée du prêt. Cela reste un choix défendable quand le budget est tendu, à condition de savoir ce qu'il coûte.
Exigez toujours une proposition à durée identique en face de la proposition allongée. C'est la seule qui mesure le gain apporté par le taux. La proposition allongée, elle, mesure un transfert de trésorerie vers l'avenir, et son prix.
Cette démonstration explique aussi pourquoi les règles du pouce que le marché répète tombent parfois à côté.
Les deux règles empiriques du marché, testées sur deux prêts
Le marché en répète deux : il faudrait « un point d'écart de taux », et il faudrait « être dans le premier tiers du prêt ». Les pages relevées le 7 septembre 2026 les déclinent en quatre seuils incompatibles, 0,7 point chez l'un, 0,8 chez un autre, 1 point chez un troisième, et un capital minimal de 70 000 € ou 75 000 € selon l'éditeur. Testons-les.
Hypothèses EmpruntGo : deux prêts au même taux de départ, 3,90 %, rachetés au même taux de 2,90 %, soit exactement un point d'écart. Frais calculés comme plus haut, hors dossier et hors notaire.
| Prêt jeune 210 000 € restants, 22 ans | Prêt à mi-vie 96 000 € restants, 9 ans | |
|---|---|---|
| Gain de mensualité | 109,20 € | 44,43 € |
| Écart d'intérêts | 28 828 € | 4 798 € |
| Frais calculables | 5 733 € | 2 621 € |
| Part de l'écart mangée par les frais | 20 % | 55 % |
| Gain net | 23 095 € | 2 178 € |
Ce que le test montre
Un point d'écart reste rentable dans les deux cas. Mais le gain varie d'un facteur dix, parce que les frais sont proportionnels au capital tandis que l'économie d'intérêts dépend du capital et du temps restant. Sur le prêt à mi-vie, il suffit d'un demi-point de moins pour que l'opération devienne discutable. Sur le prêt jeune, un demi-point d'écart resterait largement gagnant.
La règle du « premier tiers » repose sur un mécanisme réel : dans un prêt amortissable, les premières échéances contiennent surtout des intérêts, et les dernières surtout du capital. Racheter tard revient donc à racheter du capital, sur lequel il n'y a plus grand-chose à économiser. L'exception existe pourtant : un capital restant dû élevé après un différé, ou un prêt in fine, garde de l'intérêt à racheter bien au-delà du premier tiers.
Aucun seuil de taux ne remplace les trois soustractions. Un même écart de taux produit 23 095 € ou 2 178 € selon l'âge du prêt et le capital restant. Faites le calcul, puis comparez le résultat à zéro.
Encore faut-il partir du bon chiffre de capital. La confusion la plus fréquente du sujet se produit précisément là.
Capital restant dû : où le lire, et pourquoi il n'est pas ce qu'il vous reste à payer
Sur notre dossier, deux chiffres coexistent et se confondent souvent. Le capital restant dû vaut 168 000 €. La somme qu'il vous reste à verser vaut 1 089,65 € multipliés par 204 échéances, soit 222 289 €. La différence, 54 289 €, ce sont les intérêts futurs.
Un rachat porte sur le premier chiffre. Le nouveau prêteur solde le capital restant dû, pas les intérêts que vous n'avez pas encore payés : ceux-là disparaissent avec le contrat. C'est exactement ce qui rend l'opération intéressante. Le second chiffre, lui, masque ce mécanisme.
- Le décompte de remboursement anticipé. Vous le demandez à votre prêteur, il est gratuit, et il porte le capital restant dû à une date précise ainsi que l'indemnité exacte. C'est le seul document opposable.
- Le relevé annuel de situation. Il donne le capital au 31 décembre. Utilisable pour une première estimation, à condition de tenir compte des échéances écoulées depuis.
- Le tableau d'amortissement d'origine. Il donne le capital prévu à chaque échéance. Il devient faux dès que vous avez modulé, reporté ou remboursé par anticipation.
- L'espace client en ligne. Pratique, mais vérifiez la date de mise à jour affichée à côté du montant.
Les simulateurs relevés le 7 septembre 2026 demandent le capital initial, la durée initiale, la date de mise en place et le taux. Ils reconstituent donc un capital restant dû théorique, et ils ne demandent pas l'indemnité. Le gain qu'ils affichent est mécaniquement supérieur au vôtre. Reprenez leur résultat avec votre décompte réel avant d'en tirer une décision.
Reste une question de régime, qui décide de la durée et du plafond de taux applicables à votre dossier.
Régime immobilier ou consommation : ce qui fait basculer le dossier
Si vous ajoutez deux crédits à la consommation à votre prêt immobilier, votre dossier devient un regroupement, et son régime décide de tout : la durée maximale, le plafond de taux, la présence d'un notaire.
Ce n'est pas le montant qui fait basculer, c'est la proportion
Le seuil de 60 % de part immobilière dans le montant total financé est publié par un prêteur, relevé le 6 septembre 2026, et il est encadré par la section du code de la consommation consacrée au regroupement de crédits. La borne de 75 000 € délimite, elle, le champ du crédit à la consommation : ce n'est pas un seuil de bascule.
Les plafonds de taux, par régime et par durée
| Opération | Le TAEG ne peut pas dépasser |
|---|---|
| Prêt de plus de 75 000 € à taux fixe, moins de 10 ans | 4,07 % |
| Prêt de plus de 75 000 € à taux fixe, de 10 à moins de 20 ans | 4,57 % |
| Prêt de plus de 75 000 € à taux fixe, 20 ans et plus | 5,29 % |
| Prêt à taux variable | 5,28 % |
| Prêt relais | 6,39 % |
| Prêt de trésorerie de plus de 6 000 € | 8,56 % |
Notez le seuil qui saute à vingt ans. Votre dossier sur 204 mois relève de la tranche à 4,57 %. Porté à 240 mois, il relève de celle à 5,29 %. Le prêteur gagne alors 0,72 point de marge autorisée sur le même dossier, ce qui donne une raison de plus de demander la proposition à durée identique.
S'ajoute la décision n° D-HCSF-2021-7, qui retient 25 ans de durée maximale et 35 % de taux d'effort assurance comprise, avec 20 % de dérogations laissées aux établissements.
EmpruntGo relève, date et calcule. Le site n'accorde aucun crédit, ne monte aucun dossier, n'est pas courtier et n'est pas immatriculé à l'ORIAS. Tous les taux employés dans les calculs de cette page sont des hypothèses annoncées au-dessus de chaque tableau, jamais des taux relevés sur le marché.
Reste à trancher entre les trois options qui s'offrent à vous.
Racheter, renégocier, ou ne rien faire : le tableau de décision
Le calcul rendu, il reste un choix à trois branches. Un éditeur relevé le 7 septembre 2026 publie d'ailleurs les deux premières côte à côte sur un dossier de 230 000 € restants sur 17 ans : 22 600 € de gain net par renégociation à 3,2 %, contre 4 200 € par rachat à 3,8 %. L'écart vient des frais, pas du taux.
| Votre situation | Option à tester en premier | Pourquoi |
|---|---|---|
| Écart de taux net, prêt jeune, banque coopérative | Renégocier d'abord | Un avenant évite l'indemnité de remboursement anticipé et la nouvelle garantie, soit les deux plus gros postes de votre facture. |
| Renégociation refusée, écart de taux confirmé | Racheter ailleurs | Le gain de taux doit couvrir les frais. Faites les trois soustractions avant de signer un mandat. |
| Crédits conso à intégrer, budget tendu | Regrouper | L'objectif devient la mensualité, pas le gain d'intérêts. Le coût total augmente, et cela se décide en connaissance de cause. |
| Prêt en fin de course, écart de taux faible | Ne rien faire | Les frais sont proportionnels au capital, les économies proportionnelles au temps restant. Sans durée, pas de gain. |
Les trois documents à demander avant toute décision
Le décompte de remboursement anticipé auprès de votre prêteur actuel, gratuit. L'offre écrite du nouveau prêteur avec son TAEG et le détail de ses frais. Le devis du notaire pour la garantie. Avec ces trois pièces, les trois soustractions se font en dix minutes, et le résultat ne dépend plus de personne.
Un dernier repère de calendrier : en crédit immobilier, vous disposez d'un délai de réflexion de 10 jours avant de pouvoir accepter l'offre (article L.313-34). Ce délai sert exactement à cela, refaire le calcul au calme.
Les questions que vous nous posez
Comment calculer le gain d'un rachat de prêt immobilier ?
Trois soustractions. Les intérêts qu'il vous reste à payer, moins les intérêts du nouveau prêt, moins la totalité des frais. Sur 168 000 € à 3,45 % avec 17 ans devant vous, rachetés à 2,95 % sur la même durée, cela donne 8 454 € d'intérêts économisés, 4 205 € de frais, donc 4 249 € de gain net (calcul EmpruntGo).
Quels frais compter dans un rachat de prêt immobilier ?
Quatre postes. L'indemnité de remboursement anticipé, plafonnée au plus faible de 3 % du capital restant dû ou de six mois d'intérêts au taux moyen du prêt. La nouvelle garantie, dont deux lignes sont tarifées à 0,76498 % du capital garanti. La mainlevée, sans taxe de publicité foncière. Les frais de dossier et de courtage, non publiés.
Comment calculer le capital restant dû de son prêt ?
Demandez un décompte de remboursement anticipé à votre prêteur : il est gratuit et donne le capital exact à une date, avec l'indemnité. Le capital restant dû diffère de ce qu'il vous reste à payer. Sur notre dossier, 168 000 € de capital, mais 222 289 € d'échéances à venir : l'écart, ce sont les intérêts futurs.
Faut-il un point d'écart de taux pour que le rachat soit rentable ?
Le seuil dépend de l'âge du prêt. Avec exactement un point d'écart, notre calcul donne 23 095 € de gain net sur un prêt de 210 000 € à 22 ans, et 2 178 € sur un prêt de 96 000 € à 9 ans. Les frais mangent 20 % de l'écart dans le premier cas et 55 % dans le second. Faites le calcul plutôt que d'appliquer un seuil.
Allonger la durée fait-il gagner de l'argent ?
Non, cela en transfère. Sur notre dossier, passer de 17 à 20 ans à 2,95 % fait tomber l'échéance de 1 089,65 € à 927,52 €, mais le gain net passe de 4 249 € à une perte de 4 522 €. La baisse de mensualité est réelle, son prix aussi. Demandez systématiquement une proposition à durée identique.
Vaut-il mieux racheter ou renégocier son prêt immobilier ?
Testez la renégociation en premier. Un avenant chez votre banque évite l'indemnité de remboursement anticipé et la nouvelle garantie, soit les deux plus gros postes calculables. Un éditeur relevé le 7 septembre 2026 chiffre l'écart sur un même dossier : 22 600 € de gain net par avenant contre 4 200 € par rachat.
Nos sources
- Code de la consommation — consulter la source
- Banque de France — seuils de l'usure du 3e trimestre 2026, applicables aux contrats conclus à partir du 1er juillet 2026 — consulter la source
- BOFiP, BOI-REC-GAR-10-20-10-50 § 230 — la publication de l'acte de mainlevée ne donne pas lieu à taxe de publicité foncière — consulter la source
- Haut Conseil de stabilité financière — décision n° D-HCSF-2021-7 : 35 % d'endettement assurance comprise, 25 ans maximum, 20 % de dérogations — consulter la source
