La formule que les calculettes ne publient pas
Nous avons ouvert, le 6 septembre 2026, les cinq premières calculettes de rachat de crédit du moteur de recherche : aucune ne publie l'équation qu'elle applique. Vous entrez trois nombres, un quatrième sort, et rien ne permet de vérifier qu'il est juste. Voici donc l'équation.
M = C × t ÷ (1 − (1 + t)−n)
Terme par terme : M est la mensualité cherchée. C est le capital repris, c'est-à-dire la somme des capitaux restants dus de vos crédits, plus la trésorerie éventuelle — jamais les montants empruntés à l'origine. n est le nombre d'échéances, en mois. t est le taux débiteur mensuel : le taux annuel divisé par douze, et exprimé en décimal. Pour 7,30 %, t vaut 0,073 ÷ 12, soit 0,0060833.
Cette formule est celle de tout prêt amortissable à mensualité constante. Elle est le moteur de n'importe quelle simulation de rachat de crédit, quel que soit l'outil qui l'exécute, et elle ne contient ni assurance, ni frais de dossier, ni garantie.
Elle se contrôle sur un exemple réellement publié
Une grande enseigne mutualiste publie, sur son offre de regroupement relevée le 6 septembre 2026, un exemple représentatif complet : 12 500 € sur 48 mois, taux débiteur fixe de 4,60 %, mensualité de 285,61 €. Appliquez la formule avec C = 12 500, n = 48 et t = 0,046 ÷ 12 : vous retrouvez 285,61 €, au centime. La formule est donc la bonne.
Reste à s'en servir. Voici les résultats, déjà calculés.
Trois capitaux, quatre durées : les douze résultats
Le tableau ci-dessous applique la formule à trois capitaux et quatre durées, au même taux débiteur. L'hypothèse de taux est explicite et elle n'est pas inventée : 7,30 % est le taux débiteur implicite que nous avons reconstitué à partir d'un exemple représentatif publié par une enseigne spécialisée le 6 septembre 2026 — 51 000 € sur 144 mois pour 532,67 € par mois. Ce n'est pas un taux de marché, mais une hypothèse de travail.
| Durée | 20 000 € | 40 000 € | 60 000 € |
|---|---|---|---|
| 84 mois | 305 €/mois 5 603 € d'intérêts | 610 €/mois 11 206 € d'intérêts | 914 €/mois 16 808 € d'intérêts |
| 120 mois | 235 €/mois 8 239 € d'intérêts | 471 €/mois 16 477 € d'intérêts | 706 €/mois 24 716 € d'intérêts |
| 144 mois | 209 €/mois 10 080 € d'intérêts | 418 €/mois 20 160 € d'intérêts | 627 €/mois 30 240 € d'intérêts |
| 180 mois | 183 €/mois 12 965 € d'intérêts | 366 €/mois 25 929 € d'intérêts | 549 €/mois 38 894 € d'intérêts |
Comment lire ce tableau pour votre montant à vous
À taux et durée identiques, la mensualité est exactement proportionnelle au capital : c'est une propriété de la formule, pas une approximation. Pour 30 000 €, prenez la ligne de votre durée dans la colonne 20 000 € et multipliez par 1,5 ; pour 50 000 €, multipliez-la par 2,5. Aucune calculette du marché ne dit que son tableau se transpose ainsi.
Ce que coûte chaque allongement
Sur 40 000 €, passer de 84 à 180 mois fait tomber la mensualité de 610 € à 366 €, soit 244 € de respiration mensuelle, et fait monter les intérêts de 11 206 € à 25 929 € : 14 723 € de plus. Une mensualité basse n'est pas une économie, c'est un étalement, et l'étalement se paie.
Pour comprendre pourquoi l'écart est aussi violent, il faut regarder à l'intérieur d'une seule échéance.
Dans une échéance de 366 €, il n'y a que 123 € de remboursement
Une mensualité n'est pas un remboursement. C'est un versement qui se coupe en deux : les intérêts du mois écoulé d'abord, ce qui reste ensuite. Les intérêts du mois se calculent simplement — capital restant dû × taux annuel ÷ 12 — et c'est cette décomposition qu'aucune calculette n'affiche.
Calcul EmpruntGo, sur 40 000 € au taux débiteur de 7,30 %, hors assurance et hors frais. La première échéance porte 243,33 € d'intérêts, quelle que soit la durée choisie. Sur 84 mois, la mensualité est de 610 € : il reste 366 € qui remboursent vraiment. Sur 180 mois, la mensualité entière est de 366 € : il ne reste que 123 € de remboursement réel. Autrement dit, la part de capital d'une seule échéance sur 84 mois vaut la totalité d'une échéance sur 180 mois.
La conséquence, quand on veut solder par anticipation
Sur une longue durée, le capital restant dû descend très lentement les premières années : ce n'est pas la mensualité qui décide de ce que vous devrez solder, c'est le rythme d'amortissement. Et solder a son coût : jusqu'à 1 % du capital remboursé en crédit à la consommation, 0,5 % s'il reste moins d'un an à courir, et aucune indemnité lorsque le total remboursé par anticipation sur douze mois ne dépasse pas 10 000 €.
Le calcul inverse, celui que personne ne propose
Les calculettes partent de la durée pour donner la mensualité. On peut faire l'inverse : partir de la mensualité qu'on peut tenir et en déduire la durée. Sur 40 000 € au taux débiteur de 7,30 %, viser 400 € par mois demande environ 155 mois ; viser 450 € en demande 129 ; viser 500 € en demande 110 (calculs EmpruntGo, hors assurance et hors frais).
Reste la question qui décide de tout le tableau : quel taux saisir.
Quel taux saisir : le plafond de l'usure donne le majorant
C'est le point aveugle de toutes les calculettes relevées : elles vous demandent un taux, et aucune ne vous dit lequel prendre. Le seul taux public, daté et opposable est le plafond de l'usure, publié chaque trimestre par la Banque de France. Aucun contrat ne peut le dépasser. Il ne vous dit pas ce que vous obtiendrez : il vous dit ce qu'on ne peut pas vous faire payer.
Les plafonds applicables depuis le 1er juillet 2026
Pour un prêt de trésorerie d'un montant supérieur à 6 000 € et n'excédant pas 75 000 €, le plafond est de 8,56 %. Au-delà de 75 000 €, on sort du champ du crédit à la consommation et le barème change : 4,07 % à taux fixe sur moins de dix ans, 4,57 % de dix à moins de vingt ans, 5,29 % à partir de vingt ans.
| Dossier | Taux retenu | Durée | Mensualité | Intérêts |
|---|---|---|---|---|
| 40 000 € | 8,56 % | 120 mois | 497 € | 19 667 € |
| 40 000 € | 8,56 % | 180 mois | 395 € | 31 155 € |
| 85 000 € | 4,57 % | 180 mois | 653 € | 32 592 € |
| 85 000 € | 5,29 % | 240 mois | 575 € | 52 920 € |
Pourquoi ce calcul majore volontairement
Le plafond de l'usure est exprimé en TAEG, pas en taux débiteur : il contient déjà les frais obligatoires. Le saisir dans une formule de mensualité revient donc à compter les frais deux fois, et produit un majorant, jamais une prévision. Sur 40 000 € sur 120 mois, l'écart entre notre hypothèse à 7,30 % et le plafond à 8,56 % vaut 26 € par mois et 3 190 € d'intérêts : c'est la largeur de la fourchette où votre vrai chiffre se trouvera.
Cette fourchette a une frontière que le calcul ne franchira jamais seul.
Ce qu'une calculette ne peut pas calculer
Une calculette manipule trois nombres et en sort un quatrième. Tout ce qui n'est pas dans ces trois nombres est absent du résultat, et ce sont précisément les postes qui créent l'écart entre l'estimation et l'offre reçue.
Le taux qui vous sera consenti. Il dépend de votre dossier, du montant, de la durée et du régime applicable. Aucun outil ne le connaît avant instruction. Les frais de dossier. Ils varient d'une enseigne à l'autre et ne sont presque jamais publiés à l'avance. La garantie. Son coût reste inconnu tant qu'on ignore si le dossier bascule en régime immobilier ; en cas d'inscription hypothécaire, deux postes seulement sont chiffrables d'avance, la taxe de publicité foncière à 0,71498 % et la contribution de sécurité immobilière à 0,05 % du capital garanti. L'assurance emprunteur. Facultative sur un regroupement de crédits à la consommation, elle se tarifie après questionnaire — aucun questionnaire de santé n'étant exigible sous 200 000 € assurés par personne avec remboursement avant 60 ans.
Ces quatre inconnues font le TAEG, et le TAEG fait le prix
Le taux débiteur sert à calculer la mensualité ; le TAEG mesure le coût réel, car il intègre les frais obligatoires — il est donc toujours supérieur ou égal. Sur l'exemple spécialisé relevé, l'écart entre le taux débiteur reconstitué (7,30 %) et le TAEG publié (7,97 %) atteint 0,67 point. Aucune calculette ne peut afficher un TAEG exact avant qu'un prêteur ait fixé ses frais.
Et l'acceptation, qui ne se calcule pas du tout
Un chiffre juste ne dit rien de votre éligibilité : l'analyse porte sur les revenus, les charges, le reste à vivre et l'historique bancaire. Aucun texte n'interdit de prêter à une personne inscrite au FICP, mais tout prêteur doit consulter le fichier avant d'accorder un crédit, et l'inscription vaut refus dans la quasi-totalité des cas. Aucune formule ne modélise cela.
Il reste à transformer ces chiffres en démarche.
Se servir de ces chiffres : la méthode en quatre gestes
Un calcul ne sert que s'il change la conversation qui suit.
Additionnez d'abord vos capitaux restants dus, découverts autorisés utilisés et réserves comprises. Posez ensuite la formule sur trois durées, en notant chaque fois la mensualité et les intérêts. Refaites-la au plafond de l'usure : vous tenez la fourchette dans laquelle toute proposition légale devra tomber. Exigez enfin le TAEG et le coût total de chaque proposition, à durée identique — c'est le seul couple de chiffres qui compare deux offres.
La différence entre cette page et un simulateur
Cette page ne demande rien et ne conserve rien : les résultats sont déjà écrits, vous n'avez qu'à lire la ligne qui vous concerne. L'étape suivante suppose de renseigner votre situation, et c'est le rôle d'une simulation de rachat de crédit, qui reprend les mêmes entrées et y ajoute vos revenus et vos charges. Rappelons qu'aucune personne apportant son concours à l'obtention d'un prêt, immatriculée ou non, ne peut percevoir de frais d'étude, de constitution de dossier ou d'entremise avant le versement effectif des fonds prêtés.
M = C × t ÷ (1 − (1 + t)⁻ⁿ) suffit à calculer une mensualité. Le coût total s'en déduit. Le taux qu'on vous consentira, les frais de dossier, la garantie et l'assurance ne se calculent pas : ils se négocient, puis se lisent sur le TAEG de l'offre écrite.
Les questions que vous nous posez
Quelle est la formule de calcul d'un rachat de crédit ?
M = C × t ÷ (1 − (1 + t)⁻ⁿ). C est le capital repris, n le nombre d'échéances en mois, t le taux débiteur annuel divisé par douze. Le coût en intérêts vaut ensuite mensualité × nombre d'échéances − capital. Cette formule vaut pour tout prêt amortissable à taux fixe et mensualité constante, et elle se vérifie sur n'importe quel exemple représentatif publié.
Une calculette de rachat de crédit est-elle fiable ?
Sur la mécanique, oui : la formule est universelle. Sur le résultat, non, parce que le taux saisi est une hypothèse et que ni les frais de dossier, ni la garantie, ni l'assurance n'entrent dans le calcul. Une calculette donne un ordre de grandeur de mensualité, jamais un coût réel ni une promesse d'accord.
Quel taux faut-il entrer dans une calculette ?
Faites deux calculs. Un premier avec une hypothèse de travail assumée, un second au plafond de l'usure du trimestre : 8,56 % pour un prêt de trésorerie de plus de 6 000 € et jusqu'à 75 000 €, au 3ᵉ trimestre 2026. Ce plafond est un TAEG, donc le second calcul majore volontairement le résultat. Votre chiffre réel tombera entre les deux.
Combien coûte un rachat de crédit de 85 000 € ?
Au-delà de 75 000 €, le barème du crédit à la consommation ne s'applique plus. En retenant le plafond de l'usure des prêts immobiliers à taux fixe comme taux débiteur — hypothèse volontairement majorante —, 85 000 € donnent 653 € par mois et 32 592 € d'intérêts sur 180 mois, 575 € par mois et 52 920 € d'intérêts sur 240 mois (calcul EmpruntGo, hors assurance et hors frais).
Comment calculer la part d'intérêts d'une mensualité ?
Multipliez le capital restant dû par le taux annuel, divisez par douze : vous obtenez les intérêts du mois. Le reste de la mensualité rembourse le capital. Sur 40 000 € au taux débiteur de 7,30 %, la première échéance porte 243,33 € d'intérêts : sur 84 mois il reste 366 € de remboursement réel, sur 180 mois il n'en reste que 123 € (calcul EmpruntGo).
Peut-on calculer sa mensualité à partir de son budget ?
Oui, en inversant la formule. Sur 40 000 € au taux débiteur de 7,30 %, hors assurance et hors frais, tenir 400 € par mois demande environ 155 mois, 450 € environ 129 mois, 500 € environ 110 mois (calculs EmpruntGo). C'est la bonne lecture quand la contrainte est le budget mensuel et non la durée.
Nos sources
- Banque de France — seuils de l'usure du 3e trimestre 2026, applicables aux contrats conclus à partir du 1er juillet 2026 — consulter la source
- Banque de France — taux de l'usure, publiés chaque trimestre au Journal officiel — consulter la source
- Code de la consommation — consulter la source
- Service-Public.fr — informer le prêteur d'un remboursement par anticipation (modèle de lettre) — consulter la source
