Ce que l'absence de loyer change, en euros, sur un dossier réel
Vous êtes aide-soignante, vous avez 32 ans, vous gagnez 1 780 € nets par mois et vous vivez chez votre mère depuis votre séparation. Vous remboursez trois crédits : 243 € pour la voiture, 212 € pour un prêt personnel et 160 € sur une réserve d'argent. Ensemble, ils vous prennent 615 € par mois, soit 34,6 % de vos revenus.
Vous voulez regrouper 21 000 € de capital restant dû. Voici ce que donne le calcul, dans les deux lectures possibles du dossier.
Hypothèses EmpruntGo : 21 000 € au taux débiteur de 8,56 %, qui est le plafond de l'usure du 3e trimestre 2026 pour un prêt de trésorerie de plus de 6 000 €, donc un majorant et non un taux relevé. Hors assurance et hors frais.
| Durée du regroupement | Mensualité | Taux d'effort sans loyer | Taux d'effort avec un loyer théorique de 400 € |
|---|---|---|---|
| 84 mois | 333,20 € | 18,7 % | 41,2 % |
| 96 mois | 302,88 € | 17,0 % | 39,5 % |
| 120 mois | 261,04 € | 14,7 % | 37,1 % |
Regardez les deux dernières colonnes. Sans loyer théorique, votre dossier passe de 34,6 % à 18,7 % de taux d'effort sur 84 mois, et il vous reste 1 446,80 € par mois pour vivre. Avec un loyer théorique de 400 €, le même dossier remonte à 41,2 %, au-dessus de tous les repères que le marché évoque. La mensualité proposée reste identique. Seule la lecture change.
Votre statut ne tranche rien par lui-même. Le résultat dépend d'une seule chose : le prêteur ajoute-t-il, ou non, une charge de logement que vous ne payez pas. Posez la question au premier échange, avant d'envoyer vos pièces.
Cette charge invisible mérite une section entière, parce que le marché en parle beaucoup et la chiffre très peu.
Le loyer fictif : aucun prêteur ne publie le montant qu'il retient
Un prêteur qui vous accorde douze ans de remboursement se demande légitimement ce qui se passe si votre hébergement s'arrête au bout de trois ans. Pour tester ce scénario, certains établissements ajoutent à vos charges un loyer que vous ne payez pas. Le marché l'appelle le loyer fictif, ou loyer théorique.
Ce qui est réellement publié, relevé le 7 septembre 2026
| Qui | Ce qui est écrit |
|---|---|
| Un courtier | Un montant « variant entre 300 et 500 euros fourchette haute (dans une grande ville comme Paris) », certains établissements retenant plutôt « une part en pourcentage des revenus ». |
| Un autre éditeur | Les établissements « calculeront systématiquement un loyer fictif », sans publier de montant, sans publier de méthode. |
| Un troisième | Le montant « varie selon le prêteur et la région ». Aucun chiffre. |
| Les enseignes prêteuses que nous suivons | Aucune ne mentionne le loyer théorique sur sa page produit, et aucune ne publie de barème de reste à vivre. |
Nous ne publions donc aucun barème. La fourchette de 300 à 500 € ci-dessus est l'annonce d'un courtier sur sa propre page, à la date de lecture. Elle ne vaut pas pour votre dossier, et elle ne vaut pas davantage comme moyenne de marché.
Comment le neutraliser, ou au moins le mesurer
Trois éléments réduisent l'intérêt du raisonnement pour le prêteur, parce qu'ils montrent que l'hébergement dure. Une attestation qui mentionne une date de début ancienne. Une adresse identique sur plusieurs années d'avis d'imposition. Un lien familial direct, typiquement un logement parental. Apportez ces trois pièces sans qu'on vous les demande.
Demandez la question directement : « retenez-vous une charge de logement théorique dans mon calcul, et de quel montant ? » Une réponse chiffrée vous permet de comparer deux propositions sur la même base. Une réponse évasive vous dit déjà quelque chose.
Les pièces à réunir viennent ensuite, et la moitié d'entre elles ne dépendent pas de vous.
Deux éditeurs disent le contraire l'un de l'autre : le mécanisme qui tranche
Sur les neuf pages relevées le 7 septembre 2026, une décrit l'hébergement gratuit comme « un frein important », une autre comme une situation « sans incidence ». Les deux affirmations circulent depuis des années sans qu'aucune ne soit démontrée. Prenons un second dossier pour trancher.
Vous vivez en couple, vous avez 29 et 31 ans, vos deux salaires font 3 100 € nets par mois, et vous êtes logés dans l'appartement des parents de l'un de vous depuis quatre ans. Vous remboursez 980 € de crédits : une voiture, un prêt travaux pris pour l'installation et un crédit renouvelable.
| Hébergé à titre gratuit | Locataire à 790 € | |
|---|---|---|
| Charges de crédits | 980 € | 980 € |
| Charge de logement | 0 € | 790 € |
| Taux d'effort avant regroupement | 31,6 % | 57,1 % |
| Reste à vivre | 2 120 € | 1 330 € |
| Après regroupement de 46 000 € sur 120 mois 571,81 € par mois | 18,4 % | 43,9 % |
Le même couple, avec les mêmes crédits et les mêmes revenus, présente un taux d'effort de 31,6 % dans un cas et de 57,1 % dans l'autre. Après regroupement sur dix ans au plafond de l'usure, il tombe à 18,4 % lorsque le logement ne coûte rien. Voilà pour la thèse du « frein important » : elle ne résiste pas au calcul.
Là où la situation coûte vraiment quelque chose
Deux points la desservent, et ils sont réels. D'abord la garantie : sans bien à votre nom, aucune hypothèque n'est possible, donc aucune durée longue adossée à un bien. Ensuite la durée de l'hébergement : elle relève d'un accord familial révocable, et un prêteur qui vous engage sur dix ans le sait. Si ce couple se retrouve locataire à 790 € en année quatre, son taux d'effort remonte à 43,9 % avec la mensualité de 571,81 €.
Faites ce calcul vous-même avant le rendez-vous : ajoutez à votre budget le loyer que vous paieriez dans votre ville, puis regardez si la mensualité proposée tient encore. Si elle tient, vous avez une réponse à la seule objection sérieuse qu'on peut vous opposer.
Le dossier lui-même se compose ensuite de quatre pièces, et la majorité d'entre elles ne dépendent pas de vous.
Les quatre pièces à réunir, dont trois dépendent de votre hébergeant
Un locataire prouve son adresse avec ses quittances. Vous n'en avez pas. Le dossier se reconstitue donc avec des documents que quelqu'un d'autre doit signer, ce qui allonge les délais. Prévenez la personne qui vous héberge dès le premier jour.
| Pièce | Qui la fournit | Ce qu'elle doit porter |
|---|---|---|
| Attestation d'hébergement sur l'honneur | Votre hébergeant | Ses nom, prénom, date et lieu de naissance ; les vôtres ; l'adresse complète du logement ; la date de début de l'hébergement ; le lieu, la date et sa signature. |
| Justificatif de domicile à son nom | Votre hébergeant | Facture d'énergie, avis de taxe foncière ou quittance récente, à l'adresse indiquée dans l'attestation. |
| Pièce d'identité | Votre hébergeant | En cours de validité. C'est l'oubli le plus fréquent, et il bloque l'instruction. |
| Un document à votre nom, à cette adresse | Vous | Avis d'imposition, attestation de sécurité sociale, relevé bancaire. Il fait le lien entre vous et l'adresse. |
Ce que l'attestation doit dire, et ce qu'elle n'a pas à dire
Trois lignes suffisent. La personne certifie sur l'honneur héberger untel à son domicile depuis telle date, à telle adresse. Elle n'a pas à justifier de ses revenus, à s'engager sur la durée future de l'hébergement, pas davantage à se porter caution de votre crédit. Si on lui demande de signer un engagement de caution, c'est un autre document, avec d'autres conséquences.
La loi n'énumère aucune de ces pièces. Le texte qui s'impose au prêteur dit autre chose : avant de conclure le contrat, il vérifie votre solvabilité « à partir d'un nombre suffisant d'informations » et consulte le fichier des incidents de remboursement (article L.312-16 du code de la consommation). C'est l'établissement qui fixe sa liste, pas le législateur.
Une attestation antidatée ou une adresse de complaisance sont des faux, avec les conséquences qui vont avec. Si votre hébergement est récent, écrivez la date réelle : un prêteur préfère une situation récente et documentée à une pièce qui se contredit avec vos avis d'imposition.
Reste que tous les hébergements ne se ressemblent pas, et quatre configurations changent réellement la lecture du dossier.
Quatre situations d'hébergement, quatre lectures différentes
Le mot « hébergé » recouvre des réalités qui n'ont pas le même poids dans une analyse. Voici les quatre configurations les plus fréquentes, et ce que chacune ajoute au dossier.
| Situation | Ce que cela change | Pièce supplémentaire |
|---|---|---|
| Hébergé par ses parents | Le cas le plus courant et le plus lisible. La stabilité se démontre facilement avec des avis d'imposition à la même adresse. | Aucune, sauf si un parent devient co-emprunteur. |
| Logé par l'employeur | L'avantage en nature figure sur votre bulletin de paie. Il entre donc dans le revenu que le prêteur lit, et il disparaît si le contrat s'arrête. | Bulletins de paie faisant apparaître la ligne, et le contrat de travail. |
| Logement de fonction | Statut d'emploi souvent solide, logement lié à la fonction. La sortie du logement accompagne la fin de fonction. | Arrêté ou décision d'attribution du logement. |
| Hébergé par son conjoint propriétaire | Vous êtes hébergé, votre conjoint est propriétaire. Le bien n'entre dans le montage que si votre conjoint co-emprunte. | Titre de propriété du conjoint, si le dossier est monté à deux. |
Le cas du logement d'employeur, que le marché ne traite pas
Vous êtes gardien d'immeuble, vous gagnez 1 620 € nets, et votre bulletin de paie porte une ligne d'avantage en nature logement. Ce montant est un revenu au sens fiscal et social : il gonfle le salaire que le prêteur additionne. Il compense donc en partie l'absence de loyer, dans le bon sens pour vous. En revanche, il s'arrête avec le contrat de travail, et un prêteur qui étale votre crédit sur douze ans y pensera. Apportez votre ancienneté : c'est elle qui répond.
Le point que la garantie rend visible
Sans bien immobilier à votre nom, aucune hypothèque n'est possible. Votre dossier reste donc dans le régime du crédit à la consommation, avec ses durées et ses plafonds de taux. Concrètement, le TAEG ne peut pas dépasser 8,56 % pour un prêt de trésorerie de plus de 6 000 € au 3e trimestre 2026, et l'opération ne passe pas chez le notaire.
Reste un volet que les moteurs de recherche font remonter souvent, et que la moitié des pages du marché ignore : les impôts et les aides.
Impôts et aides : ce que l'hébergement change de chaque côté
Cette section décrit des règles publiées, et elle ne remplace pas un conseil fiscal. Elle sert à ce que rien ne vous surprenne au moment de constituer le dossier.
De votre côté
Au moment de la déclaration de revenus, l'occupant à titre gratuit coche la case correspondante. Votre adresse fiscale est bien celle du logement où vous vivez, ce qui vous permet de produire un avis d'imposition à cette adresse. C'est précisément la pièce qui manque le plus souvent aux dossiers d'hébergés, et elle sert deux fois : comme justificatif de domicile à votre nom, et comme preuve d'ancienneté de la situation.
Du côté de la personne qui vous héberge
L'hébergement se déclare à l'administration fiscale et aux organismes sociaux. Un point mérite d'être dit à votre hébergeant avant qu'il signe : selon la banque qui publie cette information, lorsqu'il accueille une personne à son domicile pendant plus de six mois, ses droits à l'aide personnalisée au logement peuvent être réduits ou supprimés. Vérifiez avec l'organisme concerné avant de signer quoi que ce soit.
Faites la démarche dans le bon ordre : d'abord la vérification auprès de l'organisme qui verse les aides, ensuite l'attestation. Une attestation signée dans l'urgence peut coûter plus cher à votre hébergeant que ce que le regroupement vous fait gagner.
Une fois ces vérifications faites, le dossier se prépare comme n'importe quel autre, avec deux réflexes de plus.
Préparer le dossier : l'ordre qui fait gagner deux semaines
Vous êtes agent d'entretien, vous vivez chez votre sœur, et vous voulez que le dossier avance vite. La difficulté d'un dossier d'hébergé tient rarement au fond : elle tient au fait que trois pièces sur quatre attendent la signature de quelqu'un d'autre. Voici l'ordre qui raccourcit ce délai.
- Parlez à votre hébergeant avant tout le reste. Expliquez ce qui lui est demandé : une attestation, une copie de sa pièce d'identité, un justificatif de domicile. Rien d'autre, aucun engagement financier.
- Rassemblez vos preuves d'ancienneté à l'adresse. Avis d'imposition des dernières années, attestation de sécurité sociale, relevés bancaires. Ce sont elles qui répondent au doute sur la stabilité.
- Établissez la liste exacte de vos crédits avec, pour chacun, le capital restant dû et la mensualité. Demandez un décompte à chaque prêteur : il est gratuit.
- Posez la question du loyer théorique au premier échange, et notez la réponse. Elle change votre taux d'effort de plus de vingt points dans notre exemple.
- Comparez au moins deux propositions sur le coût total en euros, assurance comprise, et sur la même durée.
Les deux erreurs qui coûtent le plus dans ce profil
La première consiste à masquer l'hébergement en déclarant une adresse ancienne, pour éviter la question. L'incohérence apparaît sur les relevés bancaires et sur l'avis d'imposition, et elle coûte beaucoup plus que la question à laquelle elle voulait échapper.
La seconde consiste à accepter la durée la plus longue proposée parce que la mensualité paraît confortable sans loyer. Votre situation de logement peut changer avant la fin du crédit. Une durée qui laisse de la marge pour absorber un futur loyer vaut mieux qu'une mensualité calée au plus juste sur votre budget d'aujourd'hui.
EmpruntGo relève, date et calcule. Le site n'accorde aucun crédit, ne monte aucun dossier, n'est pas courtier et n'est pas immatriculé à l'ORIAS. Les montants de loyer théorique cités sur cette page sont des annonces d'éditeurs, lues le 7 septembre 2026, et non des barèmes de prêteurs.
Une simulation chiffrée sur vos propres crédits vous donne la mensualité et le coût total avant même de solliciter votre hébergeant.
Les questions que vous nous posez
Peut-on obtenir un rachat de crédit en étant logé à titre gratuit ?
Oui. Aucun texte ne l'interdit et le statut figure dans les formulaires de demande. Sans loyer, votre taux d'effort après regroupement est plus bas à revenu égal : dans notre exemple, il tombe de 34,6 % à 18,7 % sur 84 mois. La contrepartie est l'absence de bien à donner en garantie.
Quelles pièces fournir quand on est hébergé à titre gratuit ?
Quatre. Une attestation d'hébergement signée par votre hébergeant, sa pièce d'identité, un justificatif de domicile à son nom, et un document à votre nom à cette adresse. La loi n'impose aucune liste : elle exige du prêteur un nombre suffisant d'informations pour évaluer votre solvabilité (article L.312-16).
Qu'est-ce que le loyer fictif dans un rachat de crédit ?
C'est une charge de logement théorique que certains prêteurs ajoutent au budget d'un hébergé, pour tester le dossier si l'hébergement cessait. Aucune enseigne prêteuse relevée ne publie le montant retenu. Un courtier avance 300 à 500 € sur sa page, un autre parle d'un pourcentage des revenus (relevés du 7 septembre 2026).
Comment rédiger une attestation d'hébergement ?
Trois lignes suffisent. La personne qui vous héberge certifie sur l'honneur vous héberger à son domicile, indique son identité complète et la vôtre, l'adresse du logement, la date de début de l'hébergement, puis date et signe. Elle n'a rien à justifier de ses revenus et ne se porte pas caution de votre crédit.
Le logement fourni par l'employeur change-t-il le dossier ?
Oui, dans les deux sens. L'avantage en nature figure sur votre bulletin de paie, donc il augmente le revenu que le prêteur additionne. En revanche, il disparaît avec le contrat de travail. Apportez vos bulletins et votre ancienneté : c'est ce qui répond au doute sur la durée.
Un hébergé peut-il obtenir un rachat avec garantie hypothécaire ?
Pas sur le logement qu'il occupe, puisqu'il ne lui appartient pas. Le dossier reste donc dans le régime du crédit à la consommation, dont le TAEG plafonne à 8,56 % pour un prêt de trésorerie de plus de 6 000 € au 3e trimestre 2026. Une garantie reste envisageable si un co-emprunteur propriétaire entre au dossier.
Nos sources
- Code de la consommation — consulter la source
- Banque de France — seuils de l'usure du 3e trimestre 2026, applicables aux contrats conclus à partir du 1er juillet 2026 — consulter la source
- Service-Public.fr — crédit à la consommation : les obligations de l'établissement prêteur — consulter la source
- Haut Conseil de stabilité financière — décision n° D-HCSF-2021-7 : 35 % d'endettement assurance comprise, 25 ans maximum, 20 % de dérogations — consulter la source
