Trois nombres suffisent pour obtenir une mensualité
Vous avez quatre crédits en cours : une voiture achetée il y a deux ans, des travaux de toiture, un prêt personnel et une réserve d'argent que vous ne remboursez jamais tout à fait. Ensemble, ils vous prennent un peu plus de mille euros par mois, à quatre dates différentes, et vous voulez savoir ce que donnerait une seule échéance. Pour répondre à cette question, un calculateur a besoin de trois choses.
Le capital, la durée, le taux
Le capital, c'est la somme des capitaux restant dus, pas la somme des montants empruntés à l'origine. Vous la lisez sur le dernier relevé de chaque prêt. La durée, c'est le nombre de mois sur lequel vous acceptez d'étaler. Le taux, c'est une hypothèse de travail que vous posez, parce que le vôtre ne sera connu qu'à l'édition d'une offre.
Avec ces trois entrées, la mensualité tombe. Sur 40 000 € au taux débiteur de 7,30 %, hors assurance et hors frais, elle vaut 610 € sur 84 mois, 471 € sur 120 mois, 418 € sur 144 mois et 366 € sur 180 mois (calcul EmpruntGo). Le coût des intérêts, lui, passe de 11 206 € à 25 929 € entre la durée la plus courte et la plus longue. Aucune de ces huit valeurs n'a demandé à savoir qui vous êtes.
Ce que le calcul produit vraiment
Une mensualité, un coût d'intérêts, et la possibilité de comparer des durées entre elles. Cela vous donne l'ordre de grandeur de l'opération et le prix de l'étalement. En revanche, le calcul ignore trois choses qui pèseront sur votre facture réelle : l'assurance emprunteur, les frais de dossier, et les indemnités éventuellement dues à vos prêteurs actuels quand ils seront remboursés par anticipation. Notez donc le chiffre obtenu comme un plancher, pas comme un prix.
Où le calcul s'arrête, et où la collecte commence
La frontière est nette, et elle se lit champ par champ. Chaque case d'un formulaire sert à l'une de ces trois choses : faire le calcul, instruire un dossier, ou vous rappeler. Les trois sont légitimes. Elles n'ont pas du tout les mêmes conséquences pour vous.
| Ce qu'on vous demande | Utile au calcul | Utile au dossier | Utile au contact |
|---|---|---|---|
| Capital restant dû, durée visée, taux testé | Indispensable | Oui | Non |
| Revenus, charges, statut d'occupation | Non | Oui, pour estimer un taux d'effort | Non |
| Nom, adresse postale, date de naissance | Non | Oui, au moment du dépôt | Oui |
| Téléphone, adresse électronique | Non | Utile, pas nécessaire pour calculer | C'est leur seule fonction avant le dépôt |
| Sexe, nationalité, incidents bancaires | Non | Oui, à l'instruction | Oui, pour qualifier le contact |
Le test à faire avant de remplir
Regardez à quel moment le résultat s'affiche. Si le chiffre apparaît après le capital, la durée et le taux, l'outil calcule. Si le chiffre apparaît après le téléphone, l'outil qualifie un contact et vous remercie avec une mensualité. Concrètement, comptez les écrans qui séparent votre première saisie du premier résultat : au delà de deux, vous êtes dans un parcours de mise en relation.
Cette lecture vous servira sur n'importe quel site, y compris ceux qui ne sont pas cités ici.
Gratuit et anonyme ne veulent pas dire la même chose
Les neuf pages ouvertes le 7 septembre 2026 emploient les mots « gratuit », « immédiat » et « sans engagement » comme s'ils garantissaient l'anonymat. Ils ne garantissent rien de tel. Gratuit veut dire que vous ne payez pas d'argent. Anonyme veut dire que vous ne payez pas en données. Ce sont deux prix différents, et un service peut très bien être gratuit tout en étant intégralement payé par le second.
Ce que le relevé montre
Un comparateur revendique explicitement une simulation anonyme et annonce qu'il ne demande aucune identité, aucune adresse postale. Il cite le règlement européen de 2018 et mentionne un droit d'accès aux données fournies. Il ne dit pas combien de temps il les conserve, ce qui est précisément l'information utile. Un courtier, à l'inverse, titre « calculette sans inscription » et demande au fil du parcours la situation familiale, la profession, les revenus, les charges, l'existence d'incidents bancaires, le sexe, le code postal et la nationalité. Le titre promet un outil, le parcours livre un questionnaire.
Un simulateur qui affiche son résultat avant de vous connaître fait un calcul. Un simulateur qui affiche son résultat après vous avoir connu fait une mise en relation. Les deux ont leur usage. Commencez par le premier, et n'allez au second que lorsque vous savez quel chiffre vous cherchez.
Reste à savoir ce que la loi impose au second, au moment exact où vous appuyez sur le bouton.
Ce que la loi impose au moment de la collecte, et ce que vous pouvez exiger ensuite
Vous avez rempli un formulaire un mardi soir, sans trop y penser. Le jeudi, trois numéros inconnus appellent. Cette situation a un cadre juridique précis, et il joue en votre faveur bien plus que la plupart des pages du secteur ne le laissent croire.
Au moment où vous saisissez
Le règlement général sur la protection des données impose à celui qui collecte de vous informer, à ce moment-là et pas plus tard, de son identité, de la finalité poursuivie, de la base juridique du traitement, des destinataires des données, de la durée de conservation et des droits dont vous disposez (article 13). Une case « j'accepte la politique de confidentialité » ne remplit pas cette obligation à elle seule : l'information doit être accessible au moment de la saisie.
Après, quand vous changez d'avis
Deux droits vous suffisent dans la quasi-totalité des cas. Le droit d'opposition (article 21) vous permet de refuser la prospection commerciale, à tout moment, sans avoir à vous justifier. Le droit à l'effacement (article 17) vous permet de demander la suppression de vos données. Une demande écrite, envoyée par courriel à l'adresse de contact du site, suffit à les exercer.
- Écrivez au site, brièvement : opposition à toute prospection, et effacement des données transmises. Datez, gardez une copie.
- Demandez dans le même message la liste des partenaires auxquels vos données ont été transmises. Un formulaire de mise en relation en a presque toujours.
- Répétez la démarche auprès de chaque partenaire qui vous appelle.
- Si les appels continuent, saisissez la CNIL, gratuitement, en joignant vos courriels datés.
Le démarchage téléphonique a changé de logique
Depuis le 11 août 2026, un appel commercial suppose votre consentement préalable. Ce consentement doit être explicite, libre, spécifique, éclairé et révocable, et il vaut un an au maximum. La logique de l'opposition a laissé la place à celle de l'accord. Le démarchage est par ailleurs interdit, même avec votre accord, sur la rénovation énergétique, l'adaptation du logement et le compte personnel de formation. Les sanctions encourues vont jusqu'à 75 000 € pour une personne physique et 375 000 € pour une personne morale (code de la consommation, art. L.242-16).
Autrement dit, un formulaire rempli aujourd'hui ne vous engage plus à recevoir des appels demain : c'est votre accord qui les autorise, et vous pouvez le retirer.
Pourquoi un résultat obtenu sans dossier n'engage aucun prêteur
Une lectrice nous décrivait sa surprise : un simulateur lui avait annoncé 389 € par mois, l'offre reçue trois semaines plus tard en portait 447 €. Elle avait le sentiment d'un revirement. Il s'agissait de deux exercices différents, et le second est le seul qui engage.
Le prêteur a une obligation de vérification
Le code de la consommation est explicite : avant de conclure le contrat, le prêteur vérifie la solvabilité de l'emprunteur à partir d'un nombre suffisant d'informations, y compris celles que l'emprunteur lui fournit à sa demande, et il consulte le fichier des incidents de remboursement des crédits aux particuliers (article L.312-16). Remarquez la mécanique : tant qu'il n'a vérifié aucune de ces choses, il lui est impossible de s'engager sur un prix. Un chiffre affiché avant vérification est une projection, jamais une proposition.
Ce qui, à l'inverse, engage
L'offre de prêt. Elle est écrite, chiffrée, elle porte un TAEG et un tableau d'amortissement, et elle lie l'établissement dès son émission. Vous, elle ne vous lie qu'après acceptation, et une fois passé le délai que la loi vous réserve : quatorze jours de rétractation en crédit à la consommation, dix jours de réflexion en crédit immobilier (code de la consommation, art. L.312-19 et L.313-34).
Un accord de principe se situe entre les deux. Il est calculé sur ce que vous avez déclaré, avant toute pièce vérifiée. Il tombe si les documents ne confirment pas la déclaration, et il ne vaut aucune promesse de taux.
Cette hiérarchie explique aussi pourquoi un écart entre simulation et offre n'est pas anormal : entre les deux, quelqu'un a lu vos relevés.
Se servir d'un calcul anonyme : la méthode en quatre gestes
Un retraité qui traîne encore un crédit auto et une réserve d'argent n'a pas le même objectif qu'un couple de trentenaires qui vient d'acheter. Le premier veut solder avant un âge donné, le second veut respirer chaque mois. Le calcul est le même, la lecture change.
1. Additionnez les capitaux restant dus, pas les mensualités
Prenez le dernier relevé de chaque prêt et relevez la ligne « capital restant dû ». Ajoutez-y, le cas échéant, le solde utilisé de chaque réserve d'argent. C'est ce total que vous saisirez.
2. Testez trois durées, jamais une seule
Une durée isolée ne vous apprend rien. Trois durées vous montrent le prix de l'étalement. Sur 40 000 € au taux débiteur de 7,30 %, passer de 84 à 144 mois fait tomber l'échéance de 610 € à 418 €, et fait monter les intérêts de 11 206 € à 20 160 € (calcul EmpruntGo). Vous décidez alors en connaissance de cause.
3. Majorez le taux que vous testez
Testez un taux volontairement prudent plutôt qu'un taux flatteur. Les plafonds de l'usure applicables depuis le 1er juillet 2026 vous donnent le majorant légal pour un prêt de trésorerie de 75 000 € au plus : 8,56 % au delà de 6 000 € empruntés, 15,67 % entre 3 000 et 6 000 €, 23,53 % en dessous de 3 000 € (Banque de France). Aucun TAEG ne peut les dépasser.
4. Notez la mensualité et le coût, ensemble
Écrivez les deux chiffres côte à côte sur une feuille, pour chaque durée testée. Quand une proposition arrivera, vous verrez immédiatement si elle vous fait gagner de la respiration ou si elle se contente d'allonger la durée.
Le calcul se fait sans vous identifier. La collecte commence quand on vous demande de quoi vous rappeler. Entre les deux, vous gardez le choix du moment.
Quand vous serez prêt à passer au dossier, vous saurez quel chiffre défendre.
Les questions que vous nous posez
Peut-on faire une simulation de rachat de crédit sans inscription ?
Oui, pour le calcul. Une mensualité se déduit du capital restant dû, de la durée visée et d'un taux testé. Aucune de ces trois entrées ne suppose votre identité. Les coordonnées deviennent nécessaires au moment du dépôt d'un dossier, parce que le prêteur doit alors vérifier ce que vous déclarez.
Une simulation gratuite est-elle anonyme ?
Pas automatiquement. Gratuit signifie que vous ne payez pas d'argent ; anonyme signifie que vous ne laissez pas de données. Sur les neuf pages ouvertes le 7 septembre 2026, une seule revendique l'anonymat, et elle n'indique pas sa durée de conservation. Vérifiez à quel écran le résultat s'affiche.
Comment faire supprimer mes données après avoir rempli un formulaire ?
Écrivez au site en demandant l'opposition à la prospection et l'effacement des données, en application des articles 21 et 17 du règlement européen sur la protection des données. Demandez dans le même message la liste des partenaires destinataires, puis répétez la démarche auprès d'eux. En cas d'échec, la CNIL se saisit gratuitement.
Ai-je le droit de refuser les appels commerciaux ?
Depuis le 11 août 2026, un appel commercial suppose votre consentement préalable, explicite, libre, spécifique et éclairé, valable un an au maximum, et vous pouvez le révoquer. Le démarchage reste interdit, même avec votre accord, pour la rénovation énergétique, l'adaptation du logement et le compte personnel de formation.
Le résultat d'un simulateur engage-t-il l'établissement ?
Non. Avant de conclure, le prêteur doit vérifier votre solvabilité à partir d'un nombre suffisant d'informations et consulter le fichier des incidents de remboursement (article L.312-16 du code de la consommation). Tant que rien n'est vérifié, rien ne peut être promis. Seule l'offre de prêt écrite engage.
Quel taux faut-il saisir dans un simulateur ?
Un taux prudent, puis un second plus élevé pour mesurer votre marge. Les plafonds de l'usure vous donnent le majorant légal : pour un prêt de trésorerie de 75 000 € au plus, 8,56 % au delà de 6 000 € empruntés depuis le 1er juillet 2026. Aucun TAEG proposé ne peut les dépasser.
Nos sources
- Code de la consommation — consulter la source
- Banque de France — seuils de l'usure du 3e trimestre 2026, applicables aux contrats conclus à partir du 1er juillet 2026 — consulter la source
- economie.gouv.fr — démarchage téléphonique : depuis le 11 août 2026, l'appel commercial suppose un consentement préalable (code de la consommation, art. L.221-16 à L.221-17) — consulter la source
- Service-Public.fr — crédit à la consommation : les obligations de l'établissement prêteur — consulter la source
