La formule tient en une ligne : ce qu'on divise, et par quoi
Le taux d'endettement, appelé taux d'effort par les analystes, rapporte ce que vous payez chaque mois à ce que vous encaissez. EmpruntGo a ouvert le 6 septembre 2026 les six pages qui se disputent cette recherche : toutes donnent la formule, aucune ne publie le budget complet qui permettrait de la vérifier. Cette page en publie deux. Ce que l'opération coûtera ensuite se lit dans les barèmes de taux en vigueur, plafonds légaux compris.
La formule ne souffre aucune variante : taux d'endettement = (total des charges mensuelles retenues ÷ total des revenus mensuels retenus) × 100. Toute la difficulté tient dans le mot retenues : c'est l'analyste qui remplit les colonnes, et deux établissements ne les remplissent pas pareil.
| Poste | Retenu ? | Précision |
|---|---|---|
| Salaires nets, traitements | Revenu | Le net avant impôt, hors primes exceptionnelles. |
| Pensions, retraites, rentes | Revenu | Retenues dès lors qu'elles sont pérennes. |
| Revenus fonciers | Revenu, avec décote | Jamais comptés en entier : une décote couvre la vacance et les charges. Aucune enseigne relevée le 6 septembre 2026 n'en publie le taux. |
| Allocations familiales | Selon l'établissement | Certaines les intègrent, d'autres non ; aucune ne publie sa règle. |
| Mensualités de crédit | Charge | Toutes, réserves renouvelables et paiements en plusieurs fois compris. |
| Pension alimentaire versée | Charge | En charge ; celle qui est perçue est comptée en revenu. |
| Loyer de la résidence principale | Les deux, selon la méthode | Soit en charge, soit déduit du revenu. C'est ce choix qui déplace le résultat de plusieurs points. |
| Dépenses courantes | Ni l'un ni l'autre | Alimentation, énergie, transports : elles pèsent sur le reste à vivre, jamais sur le ratio. |
Retenez la dernière ligne : le ratio ignore délibérément ce que vous dépensez pour vivre. Et selon la façon dont on traite le loyer, il donne deux nombres très différents pour le même mois.
Deux méthodes légitimes, deux résultats : 49,5 % ou 33,3 % pour le même foyer
Aucune des six pages ouvertes le 6 septembre 2026 ne distingue les deux méthodes. Elles coexistent pourtant : un locataire qui calcule son ratio chez lui obtient un chiffre, l'établissement qui l'étudie en obtient un autre.
Le foyer, poste par poste
Hypothèses annoncées : couple locataire, salaires nets de 1 700 € et 1 150 €, soit 2 850 € de revenus ; 690 € de loyer ; trois crédits, un prêt auto à 265 €, un prêt personnel à 310 € et un renouvelable à 145 €, soit 720 € de mensualités. Aucun autre revenu, aucune pension versée.
| Méthode | Ce qu'on divise | Résultat |
|---|---|---|
| Méthode brute le loyer est compté en charge | (690 € + 720 €) ÷ 2 850 € | 49,5 % |
| Méthode du différentiel le loyer est déduit du revenu | 720 € ÷ (2 850 € − 690 €) | 33,3 % |
16 points d'écart, sans qu'un seul euro ait changé de place. Le premier chiffre fait passer le dossier pour désespéré, le second le fait entrer dans l'usage de place le plus strict, et les deux sont exacts. Un ratio annoncé sans sa méthode ne veut donc rien dire : demandez laquelle votre interlocuteur applique avant de discuter du résultat.
Laquelle vous sera appliquée
La méthode brute domine en regroupement, parce qu'elle est prudente : elle traite le loyer comme une dette, ce qu'il est économiquement. Le différentiel apparaît surtout quand le dossier comporte des revenus fonciers. Aucune enseigne relevée ne publie celle qu'elle retient : c'est une question à poser, pas une information à chercher.
Reste la question que tout le monde pose en premier : à partir de quel chiffre le dossier est-il refusé. La réponse est plus courte qu'on ne croit, et elle tient à un seul texte.
D'où vient le 35 % : la décision n° D-HCSF-2021-7, et ce qu'elle vise
Un seul seuil chiffré a un statut officiel, et il ne vient ni d'une loi ni d'un décret : c'est une recommandation du Haut Conseil de stabilité financière, la décision n° D-HCSF-2021-7. Elle tient en trois termes, et les six pages ouvertes n'en citent jamais plus d'un.
Les trois termes, ensemble
Premier terme : 35 % de taux d'effort, assurance emprunteur comprise — la précision n'est pas décorative, un ratio calculé hors assurance n'est pas celui de la recommandation. Deuxième terme : 25 ans de durée maximale. Troisième terme, que presque personne ne cite : 20 % de la production trimestrielle peut déroger aux deux premiers. Un dossier sur cinq peut donc légitimement dépasser 35 % : la marge est prévue, et elle est rationnée.
Le champ : le crédit immobilier
C'est le point décisif, et un seul éditeur du premier écran l'écrit. La recommandation encadre les conditions d'octroi du crédit immobilier. Un regroupement de crédits à la consommation n'entre pas dans son champ et elle ne s'y impose pas juridiquement — sans être sans effet, puisque les mêmes établissements l'appliquent par prudence. Mais un dossier de regroupement à 38 % n'enfreint aucune règle, et le présenter comme perdu est une erreur de fait.
Le 33 %, et les chiffres qui circulent
Le 33 % ne figure dans aucun texte, ni en vigueur ni abrogé : c'est un usage de place, une convention bancaire ancienne reprise de page en page. Rien n'oblige un établissement à l'appliquer, et aucun ne publie le seuil qu'il retient. Le relevé du 6 septembre 2026 le montre crûment : sur les six pages ouvertes, trois affirment 33 %, deux 35 %, une 45 % pour un rachat — et cette dernière écrit que le taux d'endettement serait « un taux légal défini par le HCSF ». Il n'est ni légal, ni défini à 45 %, ni applicable au regroupement. Trois chiffres, aucune source datée.
Le seuil qui, lui, s'impose réellement au prêteur n'est pas un ratio : c'est un plafond de prix. Nous y venons après avoir chiffré ce qu'un regroupement fait au ratio.
Le dossier réel : de 47,9 % à 30,9 % après regroupement
Second budget, complet. Hypothèses annoncées : personne seule, propriétaire de sa résidence principale, prêt immobilier soldé, 1 970 € de revenus nets mensuels, cinq crédits à la consommation en cours pour 40 000 € de capital restant dû. Aucun autre revenu, aucune pension versée.
| Ligne | Capital restant dû | Mensualité |
|---|---|---|
| Prêt auto | 9 800 € | 289 € |
| Prêt travaux | 8 600 € | 213 € |
| Prêt personnel | 11 400 € | 245 € |
| Crédit renouvelable | 6 300 € | 122 € |
| Second crédit renouvelable | 3 900 € | 75 € |
| Total avant | 40 000 € | 944 €, soit 47,9 % |
| Après regroupement sur 84 mois | 40 000 € | 610 €, soit 30,9 % |
En chiffres ronds : de 48 % à 31 %, soit 17 points et 334 € de moins à sortir chaque mois. Le ratio baisse parce que cinq échéances courtes, dont deux réserves renouvelables, sont remplacées par une seule échéance étalée sur sept ans.
Ce que cette baisse coûte
Elle n'est pas gratuite, et c'est la moitié de l'information. Sur les mêmes hypothèses, 40 000 € à 7,30 % sur 84 mois représentent 11 206 € d'intérêts. Étalés sur 144 mois, ils ramèneraient la mensualité à 418 € et le ratio à 21,2 %, spectaculaire sur le papier, mais coûteraient 20 160 € d'intérêts. Le ratio se pilote par la durée, et la durée se paie.
La bonne question n'est donc pas « quel est le ratio le plus bas que je peux atteindre », mais « celui dont j'ai réellement besoin ». Pour y répondre, il faut regarder ce que le ratio ne mesure pas.
Ce que le taux d'endettement ne dit pas : le reste à vivre
Un pourcentage n'a pas d'unité : 35 % d'un petit revenu et 35 % d'un gros revenu ne produisent pas la même vie. Le prêteur fait donc un second calcul, une soustraction cette fois : ce qui reste une fois les charges payées. C'est le reste à vivre, et il décide aussi souvent que le ratio.
La démonstration sur les deux budgets de cette page
Reprenons les deux foyers calculés plus haut. La personne seule propriétaire passe de 1 026 € restants à 1 360 € une fois ses mensualités déduites. Le couple locataire dispose de 1 440 € une fois le loyer et les crédits payés ; en regroupant ses 30 000 € de capital restant dû sur 120 mois au même taux débiteur de 7,30 %, sa mensualité tomberait à 353 € et il garderait 1 807 €. Deux ratios très différents, des restes comparables. Ces montants décrivent des budgets calculés, pas des seuils.
Nous ne publions aucun barème de reste à vivre, ni aucun montant par personne au foyer : aucune des enseignes relevées le 6 septembre 2026 ne publie le sien, et reprendre un chiffre non attribué reviendrait à inventer une règle. Ce qui est certain, c'est que le calcul est fait, qu'il tient compte de la composition du foyer et du coût du logement, et qu'un dossier au ratio confortable peut être refusé sur ce seul motif quand les revenus sont modestes.
Le corollaire est encourageant : un ratio élevé sur des revenus élevés se défend, parce que la soustraction reste largement positive. C'est ce que la marge de dérogation de 20 % permet de traiter en crédit immobilier, et ce que les prêteurs pratiquent en regroupement sans le publier.
Cinq leviers pour faire baisser le ratio, et ce que chacun coûte
Le ratio n'est pas une fatalité : c'est une fraction, et une fraction se travaille par le haut comme par le bas. Voici les cinq leviers réels, avec leur contrepartie — chacun en a une.
- Allonger la durée du regroupement. Le plus puissant et le plus cher : sur le budget calculé plus haut, passer de 84 à 144 mois fait tomber le ratio de 30,9 % à 21,2 % et ajoute 8 954 € d'intérêts. À doser jusqu'au niveau dont vous avez besoin, pas jusqu'au minimum atteignable.
- Solder le plus petit crédit avant de déposer. Le levier le moins cité et souvent le plus rentable. Dans le budget calculé plus haut, solder le second crédit renouvelable — 3 900 € de capital, 75 € de mensualité — fait passer le ratio de 47,9 % à 44,1 % avant toute demande, soit 3,8 points pour une ligne de charge en moins.
- Faire entrer un co-emprunteur. Il agit sur le dénominateur sans coûter un euro d'intérêts : sur le même budget, un co-emprunteur apportant 1 150 € de revenus nets ramène le ratio de 47,9 % à 30,3 % à charges inchangées. La contrepartie est définitive : cette personne devient solidairement tenue de toute la dette.
- Déclarer correctement les revenus fonciers. Ils sont retenus avec une décote dont aucune enseigne relevée ne publie le taux : fournissez les baux et les avis, et laissez l'analyste appliquer la sienne plutôt que d'anticiper à la baisse.
- Fermer les réserves renouvelables inutilisées. Une réserve ouverte mais non utilisée reste un engagement disponible, que certains analystes traitent comme tel. Une résiliation écrite avant le dépôt supprime l'ambiguïté et ne coûte rien.
Les deuxième et cinquième leviers ne coûtent presque rien et s'actionnent avant la première demande. Le premier coûte cher et doit être dosé, le troisième engage quelqu'un d'autre : l'ordre dans lequel on les actionne change le résultat.
Quand le ratio ne passe plus : le vrai plafond n'est pas un pourcentage
Aucun établissement ne publie le ratio au-delà duquel il refuse. Ce qui est public et opposable, c'est un plafond de prix : le TAEG d'un prêt de trésorerie ne peut pas dépasser les seuils de l'usure publiés chaque trimestre par la Banque de France, soit au troisième trimestre 2026 8,56 % au-delà de 6 000 € empruntés, 15,67 % de 3 000 à 6 000 € et 23,53 % en dessous de 3 000 €.
Pourquoi ce plafond explique les refus
Le raisonnement est mécanique, et aucune des six pages ouvertes ne le fait. Un prêteur qui juge un dossier plus risqué voudrait le facturer plus cher ; au-delà de 8,56 % de TAEG, il n'en a pas le droit. Ne pouvant pas facturer le risque, il refuse ou il allonge la durée. C'est ce que vous observez quand un dossier « ne passe qu'en 180 mois ».
Ce qu'il ne faut pas faire
Deux réflexes aggravent la situation. Enchaîner les demandes d'abord : il n'existe pas de fichier des demandes de crédit en France, donc multiplier les dépôts ne fait pas jouer la concurrence, cela multiplie les dossiers instruits sur des hypothèses prudentes. Payer avant d'obtenir ensuite : toute personne qui apporte son concours à l'obtention d'un prêt, immatriculée ou non, ne peut percevoir aucune somme au titre de frais d'étude, de recherche, de démarches, de constitution de dossier ou d'entremise avant le versement effectif des fonds prêtés : c'est l'article L.519-6 du code monétaire et financier.
Quand aucune durée ne suffit plus, le regroupement n'est plus l'outil : la commission de surendettement de la Banque de France l'est, et la saisir est gratuit. Mieux vaut mesurer son ratio sur un budget écrit avant d'en arriver là.
Les questions que vous nous posez
Comment calcule-t-on le taux d'endettement pour un rachat de crédit ?
On divise le total des charges mensuelles retenues par le total des revenus mensuels retenus, et on multiplie par cent. Les mensualités de crédit et la pension alimentaire versée entrent en charge ; les dépenses courantes jamais. Le loyer, lui, est traité de deux façons selon la méthode, ce qui déplace le résultat de plusieurs points.
Quel taux d'endettement maximum pour un regroupement de crédits ?
Aucun texte n'en fixe. La seule recommandation chiffrée, la décision n° D-HCSF-2021-7, retient 35 % assurance comprise, 25 ans maximum et 20 % de dérogations, mais elle vise l'octroi de crédit immobilier. En regroupement de crédits à la consommation, chaque prêteur applique sa propre grille, et aucun ne la publie.
La règle des 33 % existe-t-elle encore ?
Elle n'a jamais été une règle de droit : le 33 % ne figure dans aucun texte, c'est un usage de place hérité d'une pratique bancaire. Sur les six pages relevées le 6 septembre 2026, trois l'affirment encore, deux annoncent 35 %, une 45 % — aucune ne cite de source datée.
Un rachat de crédit fait-il vraiment baisser le taux d'endettement ?
Oui, mécaniquement : il remplace plusieurs échéances courtes par une seule échéance étalée. Sur le budget calculé dans cette page, 40 000 € de capital restant dû regroupés à 7,30 % sur 84 mois font passer le ratio de 47,9 % à 30,9 %, pour 11 206 € d'intérêts.
Peut-on obtenir un rachat avec 40 % d'endettement ?
Rien ne l'interdit : la recommandation à 35 % ne s'applique pas au regroupement de crédits à la consommation. À ce niveau, le prêteur regarde surtout ce qui reste une fois les charges payées, la stabilité des revenus et la tenue du compte. Aucune enseigne relevée ne publie le seuil au-delà duquel elle refuse.
Le loyer compte-t-il dans le taux d'endettement ?
Selon la méthode : en méthode brute il est compté comme une charge, en méthode du différentiel il est déduit des revenus. Sur le couple locataire calculé ici, la première donne 49,5 % et la seconde 33,3 % — le même mois, les mêmes euros, 16 points d'écart.
Nos sources
- Haut Conseil de stabilité financière — décision n° D-HCSF-2021-7 : 35 % d'endettement assurance comprise, 25 ans maximum, 20 % de dérogations — consulter la source
- Banque de France — seuils de l'usure du 3e trimestre 2026, applicables aux contrats conclus à partir du 1er juillet 2026 — consulter la source
- Code de la consommation — section « Regroupements de crédits », articles L.314-10 à L.314-14 — consulter la source
- Code de la consommation — consulter la source
