Le prix affiché ne contient pas toujours l'assurance : la démonstration en euros
Commençons par un relevé, pas par une opinion. Le 6 septembre 2026, My Money Bank publiait sur son regroupement de crédits un exemple représentatif complet : 51 000 € empruntés sur 144 mois, 532,67 € par mois, TAEG fixe de 7,97 %, coût total de 76 703,45 €. Sur la même page, l'enseigne annonçait une assurance facultative à 51 € par mois. Ces deux nombres ne se rencontrent jamais : le TAEG de 7,97 % ne contient pas les 51 €.
Faites l'addition. Sur les 144 mois de l'exemple, l'assurance représente 51 × 144 = 7 344 € : la mensualité réellement prélevée passe de 532,67 € à 583,67 €, et la somme versée de 76 703,45 € à 84 047,45 € pour 51 000 € empruntés (calcul EmpruntGo, à partir des chiffres publiés par l'enseigne le 6 septembre 2026). Sept mille trois cent quarante-quatre euros n'apparaissent nulle part dans le taux.
Pourquoi ce poste sort du taux affiché
Ce n'est ni une omission ni une ruse : c'est la règle. Le coût total du crédit, dont le TAEG est l'expression en pourcentage, n'intègre les coûts d'assurance que lorsque la souscription du contrat est imposée par le prêteur comme condition pour obtenir le crédit. Présentée comme facultative, l'assurance reste à l'extérieur du calcul, en toute légalité. C'est précisément pour cela qu'une cotisation facultative n'apparaît pas dans le taux proposé aujourd'hui, et qu'un TAEG bas peut coexister avec une facture d'assurance élevée.
Sur un rachat de crédit à la consommation, le taux ne suffit donc plus à comparer deux offres : il faut demander, en plus, ce que l'assurance coûte en euros sur toute la durée. Nous verrons plus bas comment poser exactement cette question.
Consommation ou immobilier : le régime décide de vos droits
Tout ce qui suit dépend d'une seule bascule, et elle ne tient pas au montant emprunté mais à la proportion de prêts immobiliers repris : tant que cette part reste sous le seuil de 60 % du montant total financé — seuil tel que le publie un prêteur, relevé le 6 septembre 2026, et qu'encadre la section du code de la consommation consacrée au regroupement de crédits —, l'opération relève de la consommation. Au-delà, elle bascule.
Trois mots à poser une fois pour toutes. Le décès et la PTIA — perte totale et irréversible d'autonomie — forment le socle de tous les contrats. L'ITT — incapacité temporaire totale de travail — couvre les arrêts, et la perte d'emploi reste une option. La quotité est le pourcentage du capital couvert sur chaque tête : à 100/100, le prêt est intégralement soldé au décès de l'un ou de l'autre ; à 50/50, il ne l'est qu'à moitié.
| Rachat de crédit à la consommation | Rachat de crédit immobilier | |
|---|---|---|
| Obligation légale | Aucune. Aucun texte n'impose l'assurance. | Aucune non plus : la loi ne l'impose pas. |
| Dans la pratique | Proposée à côté de l'offre, refusable. Les enseignes relevées l'écrivent « facultative ». | Exigée par le prêteur, qui en fait une condition d'octroi du financement. |
| Entre-t-elle dans le TAEG ? | Non, si elle est réellement facultative. | Oui, puisqu'elle conditionne l'octroi. |
| Soumise au plafond de l'usure ? | Non. Elle s'ajoute au-dessus du plafond sans le franchir. | Oui, par le TAEG qui la contient. |
| Comptée dans le taux d'effort | Sans règle publiée pour ce régime. | Oui : le HCSF fixe 35 % d'endettement maximum assurance comprise, 25 ans de durée, 20 % de dérogations. |
| Résiliation à tout moment loi du 28 février 2022 | Non : ce droit est écrit pour le crédit immobilier. | Oui, à tout moment, sans frais et sans attendre une date anniversaire. |
| Suppression du questionnaire de santé loi du 28 février 2022 | Non : même seuil, même texte, même régime immobilier. | Oui si la part assurée ne dépasse pas 200 000 € par assuré et que le remboursement s'achève avant le 60e anniversaire. |
| Votre levier principal | Le droit de refuser, ou de vous assurer ailleurs sans rien demander à personne. | La délégation à garanties équivalentes, puis la résiliation en cours de prêt. |
Deux lignes de ce tableau expliquent la moitié des erreurs publiées sur le sujet : les droits de 2022 vivent dans la colonne de droite, et nulle part ailleurs. Nous y revenons plus bas. Commençons par la colonne de gauche, celle où se joue l'argent d'un rachat ordinaire.
Facultative, l'assurance échappe au plafond de l'usure
Voici le mécanisme que la SERP ne relie jamais. Le plafond légal d'un crédit — le seuil de l'usure publié chaque trimestre par la Banque de France — porte sur le TAEG, jamais sur le taux débiteur ni sur la mensualité. Au 3e trimestre 2026, un prêt de trésorerie de plus de 6 000 € et jusqu'à 75 000 € ne peut pas dépasser 8,56 % de TAEG. Or une assurance facultative n'entre pas dans le TAEG.
L'enchaînement est mécanique. Facultative, l'assurance sort du TAEG ; sortie du TAEG, elle sort du champ du plafond. C'est le seul poste qui peut alourdir la facture réelle sans faire franchir la limite légale à l'offre : les frais de dossier, la garantie et la commission de l'intermédiaire, eux, butent dessus.
Le mot « facultative » n'est pas une formule de style, c'est un test. Si vous demandez à retirer l'assurance et qu'on vous répond que l'accord tombe, elle n'est pas facultative : elle est une condition d'octroi, et elle doit entrer dans le TAEG écrit sur votre offre. Posez la question par écrit et gardez la réponse.
Ce que les enseignes publiaient le 6 septembre 2026
Voici ce que chaque prêteur écrit sur l'assurance de son regroupement. « Non publié » n'est pas une lacune de notre part : c'est une information sur l'enseigne.
| Enseigne | Statut de l'assurance | Coût publié |
|---|---|---|
| My Money Bank | Facultative | 51 € par mois — le seul montant publié du relevé |
| Crédit Agricole | Facultative, décès et PTIA | Non publié |
| Caisse d'Épargne | Facultative, décès, PTIA et ITT | Non publié, y compris dans son exemple représentatif |
| Société Générale | Assurances facultatives sur le Crédit Compact | Non publié |
| Banque Populaire | Non publié | Non publié |
Retenez la troisième ligne. La Caisse d'Épargne est la seule enseigne relevée qui publie un exemple représentatif complet — 12 500 € sur 48 mois, TAEG de 5,23 %, 285,61 € par mois, 125 € de frais de dossier — et même cet exemple ne chiffre pas l'assurance. Le poste ne s'obtient qu'en le demandant.
Demandez le coût en euros sur toute la durée : le seul format comparable
Un pourcentage d'assurance ne se compare pas à un autre : deux contrats peuvent afficher le même taux et coûter du simple au double, parce qu'ils ne l'appliquent pas à la même base. Une seule grandeur est comparable d'une offre à l'autre : le montant total des cotisations, en euros, du premier au dernier mois.
Capital initial ou capital restant dû : l'écart se calcule
Deux façons d'asseoir une cotisation. Sur le capital initial, elle est calculée une fois pour toutes sur la somme empruntée et ne bouge jamais, y compris le dernier mois, où vous ne devez presque plus rien. Sur le capital restant dû, elle suit l'amortissement : élevée au début, faible à la fin.
L'écart n'est pas une nuance, il se chiffre. Sur le prêt de référence de nos calculs — 40 000 € au taux débiteur de 7,30 % sur 144 mois, hors frais —, la somme des capitaux restant dus mois après mois représente 57,5 % de ce que donnerait le capital initial multiplié par 144. Autrement dit, à taux d'assurance rigoureusement identique, la formule sur capital restant dû coûte environ 42 % de moins sur la durée que la formule sur capital initial (calcul EmpruntGo, hypothèses annoncées : amortissement constant mensuel, taux d'assurance supposé constant). Aucune page du top 10 ne publie ce rapport.
C'est pour cela que la question à poser n'est pas « quel est votre taux d'assurance ». Ce sont les quatre suivantes, dans cet ordre, et de préférence par écrit.
- « Quel est le montant total des cotisations, en euros, sur toute la durée ? » La seule réponse qui se compare. Un pourcentage seul ne dit pas sur quelle base il s'applique.
- « La cotisation est-elle calculée sur le capital initial ou sur le capital restant dû ? » À total annoncé identique, la réponse change ce que vous paierez si vous soldez par anticipation.
- « Quelle quotité ce montant couvre-t-il, et sur quelle tête ? » Un devis à 100 % sur une tête et un devis à 100/100 sur deux s'affichent presque pareil sans couvrir la même chose.
- « L'assurance est-elle une condition de l'accord ? » Si la réponse est oui, elle doit figurer dans le TAEG ; si elle est non, vous pouvez la refuser ou la souscrire ailleurs.
Une précision de méthode. Nous ne publions aucun taux d'assurance moyen, aucun TAEA moyen, aucun pourcentage de cotisation : nous n'en avons mesuré aucun. Le TAEA — taux annuel effectif de l'assurance — aide à lire une offre, mais il ne devient comparable qu'accompagné de la base de calcul, de la quotité et de la durée. D'où l'euro, toujours l'euro.
Les deux droits de 2022 sont écrits pour l'immobilier : ne les transposez pas
La loi n° 2022-270 du 28 février 2022 a créé deux droits. Le premier : la résiliation à tout moment, sans frais et sans attendre de date anniversaire, à condition de présenter un contrat de remplacement à garanties équivalentes. Le second : la suppression du questionnaire de santé lorsque la part assurée ne dépasse pas 200 000 € par assuré et que le remboursement s'achève avant le 60e anniversaire. Les deux conditions sont cumulatives.
Ce second droit est considérable pour qui a des antécédents de santé : sans questionnaire, ni surprime, ni exclusion, ni refus fondés sur l'état de santé. Au-dessus de ces seuils, la convention AERAS prend le relais et porte un droit à l'oubli, qui dispense de déclarer certaines pathologies passé un délai après la fin du protocole thérapeutique. Nous ne publions pas ce délai, faute de relevé daté.
Ces deux droits appartiennent au crédit immobilier. Ils ne s'appliquent pas à un rachat de crédit à la consommation, quel que soit le montant. Beaucoup de pages — y compris chez des prêteurs — les citent dans un article consacré au regroupement de crédits conso : c'est une erreur, et elle donne de faux espoirs à ceux qui en auraient le plus besoin. En consommation, votre protection n'est pas la résiliation : c'est le fait que l'assurance soit facultative, donc refusable.
Ce qui les remplace en crédit à la consommation
La colonne de gauche n'est pas vide, elle est d'une autre nature. Quand un contrat est facultatif, aucun texte n'est nécessaire pour en sortir : vous ne le signez pas, ou vous vous assurez ailleurs, et l'offre de prêt reste la même. C'est un droit plus simple et plus fort que la résiliation, à condition de l'exercer avant signature — après, vous êtes lié selon les conditions propres au contrat.
Le prêteur conserve un pouvoir réel : il peut exiger un niveau de garanties et refuser un contrat qui couvrirait moins bien que le sien. Ce qu'il ne peut pas faire, en immobilier, c'est vous imposer son contrat, ni modifier le taux de votre prêt parce que vous en avez choisi un autre. Le niveau de garanties s'impose ; l'identité de l'assureur, non.
Vos anciennes assurances s'arrêtent : le trop-perçu et le trou de couverture
Un rachat de crédit solde vos anciens prêts. Chaque contrat d'assurance emprunteur étant l'accessoire d'un prêt précis, il s'éteint avec lui : les anciennes cotisations cessent, et une cotisation unique — si vous en souscrivez une — prend leur place sur le nouveau prêt.
Le trop-perçu se réclame, il ne se rembourse pas tout seul
Beaucoup de contrats sont prélevés d'avance, au mois ou au trimestre. Si la cotisation d'une période entière a été prélevée avant que le prêt ne soit soldé, la fraction postérieure à son extinction vous revient — et elle n'est pas toujours restituée d'office. Écrivez à l'assureur, pas au prêteur, en joignant l'attestation de solde du crédit racheté et en demandant le remboursement au prorata. Cet argent n'a plus de contrepartie.
Le trou que personne ne signale
Voici l'angle mort du sujet, traité par aucune page du top 10. Entre le jour où les anciens prêts sont soldés — donc où les anciennes assurances tombent — et celui où la nouvelle prend effet, il peut s'écouler quelques jours pendant lesquels vous n'êtes couvert par rien. C'est court, mais c'est exactement le moment où une famille se croit protégée alors qu'elle ne l'est plus.
La parade tient en une ligne écrite. Demandez que la date d'effet de la nouvelle assurance soit fixée au jour du déblocage des fonds au plus tard, et vérifiez qu'elle figure bien sur le certificat d'adhésion. N'annulez rien vous-même : laissez les anciens contrats s'éteindre avec les prêts qu'ils garantissaient.
Quatre gestes qui font baisser la facture, dans l'ordre
Aucun de ces gestes n'exige de renoncer à une protection : ils consistent à payer le juste prix d'une couverture choisie, au lieu d'accepter celle qui vient avec l'offre.
Un. Vérifiez ce que vous avez déjà. Un contrat de prévoyance individuel ou une garantie décès portée par un accord d'entreprise peuvent couvrir tout ou partie du risque. Sur un rachat conso, où l'assurance est facultative, cette vérification décide parfois à elle seule de la souscription.
Deux. Ajustez la quotité : c'est le levier au rendement le plus immédiat, la cotisation suivant à peu près le pourcentage couvert. Le bon repère n'est pas le confort théorique mais une question : si l'un des deux disparaît, l'autre tient-il la mensualité restante ?
Trois. Demandez la base de calcul, et préférez le capital restant dû quand il est proposé — nous avons chiffré plus haut ce que cela vaut. Sans confondre cotisation décroissante et cotisation faible : c'est le total en euros qui tranche, jamais l'allure de l'échéancier.
Quatre. Faites établir au moins trois devis à garanties équivalentes, avec le même capital, la même durée et la même quotité. Si votre dossier relève du régime immobilier, vous disposez en plus de la délégation et de la résiliation à tout moment : le contrat de groupe du prêteur n'est jamais votre seule option.
Un dernier réflexe : l'assurance n'est pas le seul poste qui s'ajoute au capital. Faites établir une offre écrite complète, puis comparez poste par poste — le taux d'un côté, les euros de l'autre.
Les questions que vous nous posez
L'assurance est-elle obligatoire pour un rachat de crédit ?
Aucun texte ne l'impose, ni en consommation ni en immobilier. La différence est pratique : sur un rachat de crédit à la consommation, les enseignes relevées le 6 septembre 2026 la présentent toutes comme facultative, donc refusable. Sur un rachat à dominante immobilière, le prêteur en fait une condition d'octroi et ne finance pas sans elle.
L'assurance est-elle comprise dans le TAEG affiché ?
Seulement si le prêteur en fait une condition pour obtenir le crédit. Présentée comme facultative, elle reste hors du TAEG, en toute légalité. My Money Bank publiait ainsi, le 6 septembre 2026, un TAEG de 7,97 % et, à côté, une assurance facultative à 51 € par mois — soit 7 344 € sur les 144 mois de son exemple.
Puis-je résilier l'assurance de mon rachat de crédit à tout moment ?
Ce droit, créé par la loi du 28 février 2022, vise le crédit immobilier. Si votre regroupement relève de ce régime, vous pouvez résilier à tout moment, sans frais, en présentant un contrat à garanties équivalentes. S'il relève de la consommation, non : votre levier est ailleurs, dans le caractère facultatif du contrat.
Le questionnaire de santé peut-il être supprimé ?
Oui, en crédit immobilier, à deux conditions cumulatives posées par la loi du 28 février 2022 : la part assurée ne dépasse pas 200 000 € par assuré, et le remboursement s'achève avant le 60e anniversaire. Ce droit ne s'étend pas au crédit à la consommation. Au-delà, la convention AERAS encadre les dossiers à risque aggravé.
Que deviennent les assurances de mes anciens crédits ?
Elles s'éteignent avec les prêts qu'elles garantissaient, puisqu'elles en sont l'accessoire. Ne les résiliez pas vous-même : laissez-les tomber avec le solde et conservez la preuve de l'extinction. Vérifiez surtout la date d'effet de la nouvelle couverture, pour qu'aucune journée ne reste sans assurance entre les deux contrats.
Quel est le taux moyen d'une assurance de rachat de crédit ?
Nous ne le publions pas. Aucun taux d'assurance, aucun TAEA moyen n'a été relevé à une date certaine, et recopier le chiffre d'un tiers sans pouvoir le vérifier n'aurait aucune valeur. Le seul chiffre utile est le montant total des cotisations en euros, sur toute la durée, que le prêteur ou l'assureur doit pouvoir vous écrire.
Nos sources
- Banque de France — seuils de l'usure du 3e trimestre 2026, applicables aux contrats conclus à partir du 1er juillet 2026 — consulter la source
- Code de la consommation — consulter la source
- Service-Public.fr — crédit à la consommation : les obligations de l'établissement prêteur — consulter la source
- Haut Conseil de stabilité financière — décision n° D-HCSF-2021-7 : 35 % d'endettement assurance comprise, 25 ans maximum, 20 % de dérogations — consulter la source
