Deux ménages au même taux d'endettement, deux budgets sans rapport
EmpruntGo a relevé le 7 septembre 2026 les huit premières pages françaises sur cette requête. Six publient un montant de reste à vivre minimum. Aucune ne dit d'où ce montant sort. Avant d'en arriver là, regardons ce que la mesure apporte par rapport au taux d'endettement, que tout le monde connaît.
Prenons deux budgets, chiffrés ici à titre d'illustration. Un couple de salariés perçoit 3 400 € nets par mois et rembourse 1 020 € de crédits. Une aide-soignante seule perçoit 1 500 € nets et rembourse 450 €. Les deux affichent exactement 30 % d'endettement. Une fois les mensualités payées, le couple dispose de 2 380 €. Elle dispose de 1 050 €, et sur cette somme elle doit encore payer son loyer, son électricité et le collège de son fils. Le pourcentage est le même. Le quotidien, non.
Ce que chaque mesure regarde
Le taux d'endettement rapporte vos charges d'emprunt à vos revenus : il raisonne en proportion, donc il traite un revenu de 1 500 € comme un revenu de 6 000 €. Le reste à vivre part du même budget et s'arrête sur ce qui reste en euros. Concrètement, un ratio vous situe par rapport à une norme, un montant vous dit ce que vous avez dans la main le 5 du mois. Les deux se calculent, et un dossier limite se joue presque toujours sur le second.
Le seuil de 35 % dont tout le monde parle vient de la décision n° D-HCSF-2021-7 du Haut Conseil de stabilité financière. Il vise le crédit immobilier, assurance comprise, avec une durée maximale de 25 ans et une marge de dérogation de 20 % des dossiers. Il n'a jamais été écrit pour un regroupement de crédits à la consommation, alors que quatre des pages relevées le 7 septembre 2026 l'appliquent à cette opération sans le préciser.
Reste à savoir ce qu'un analyste met exactement dans chacune des deux lignes du calcul, parce que c'est là que les écarts commencent.
Ce qui entre dans le calcul, et ce qui n'y entre pas
La formule tient en une soustraction : revenus retenus moins charges retenues. Toute la difficulté porte sur les deux mots « retenus », parce que les établissements ne comptent pas tout, et pas toujours à 100 %.
Du côté des revenus
Un salaire net en contrat à durée indéterminée hors période d'essai est pris en entier. Une pension de retraite aussi, parce qu'elle est certaine. Un revenu locatif est en général minoré : plusieurs éditeurs relevés le 7 septembre 2026 écrivent qu'il est retenu à 70 %, la décote couvrant la vacance et les charges de propriétaire. Les primes variables, les heures supplémentaires et les revenus d'activité indépendante récents sont regardés sur leur régularité, donc sur plusieurs exercices. Les prestations familiales et les aides au logement, elles, sont fréquemment écartées du calcul d'octroi, parce qu'elles cesseront avec l'âge des enfants ou le déménagement.
Du côté des charges
Sont comptés le loyer ou la mensualité du prêt immobilier, toutes les mensualités de crédit en cours, les pensions alimentaires versées et les impôts quand ils sont mensualisés. Ne sont pas comptés vos courses, votre carburant, vos abonnements et vos loisirs : ces dépenses-là, précisément, sont ce que le reste à vivre doit couvrir. Confondre les deux est l'erreur qui fausse la moitié des calculs faits à la maison, parce qu'elle revient à déduire deux fois les mêmes euros.
| Ligne | Compté | Écarté ou minoré |
|---|---|---|
| Revenus | Salaire net stable, pension de retraite, revenus fonciers minorés | Prestations familiales, aides au logement, primes irrégulières |
| Charges | Loyer, mensualités de crédit, pensions versées, impôt mensualisé | Alimentation, transport, énergie, abonnements, loisirs |
| Foyer | Nombre de personnes réellement à charge | Enfants majeurs autonomes, garde alternée comptée deux fois |
Pourquoi deux simulateurs vous donnent deux résultats
Parce qu'ils ne retiennent pas les mêmes lignes. Un simulateur qui intègre vos allocations familiales vous annonce un reste à vivre supérieur de 300 € à celui d'un simulateur qui les écarte, sur un budget rigoureusement identique. Avant de comparer deux résultats, vérifiez qu'ils comparent les mêmes lignes.
Aucun établissement ne publie son barème, et les éditeurs se contredisent
C'est le point sur lequel cette page s'écarte du reste de la SERP. Les montants qui circulent existent, ils sont même très répandus, mais ils sortent tous d'éditeurs privés, et ces éditeurs ne disent pas sur quoi ils s'appuient.
Le relevé du 7 septembre 2026
Un premier éditeur publie « 700 à 1 000 € par adulte seul, 1 200 à 1 500 € pour un couple, 300 à 500 € par enfant ». Un deuxième publie un tableau qui commence à 750 € pour une personne seule, puis écrit deux paragraphes plus bas « environ 800 € ». Un troisième refuse d'en publier un et écrit explicitement que ses exemples ne sont pas des minima bancaires. Sur le même chiffre, le même jour, l'écart entre les deux extrêmes cités pour une personne seule dépasse 14 %, et pas un des trois ne cite de source pour le montant qu'il avance.
Ces fourchettes sont des reprises. Elles se recopient d'un site à l'autre depuis des années et rien ne les rattache à un texte ou à une grille d'établissement. Les prendre pour un seuil d'acceptation vous expose à deux erreurs symétriques : renoncer à une demande qui serait passée, ou déposer un dossier en croyant le seuil franchi.
Ce que les prêteurs publient, et ce qu'ils gardent
EmpruntGo a relevé les conditions publiées par les grands réseaux les 6 et 7 septembre 2026. Une seule enseigne va jusqu'à publier un exemple représentatif complet de son regroupement, montant, durée, taux et frais de dossier. Sur le reste à vivre, le silence est général : aucune grille, aucun montant plancher, aucune méthode de calcul. Ce sont des règles internes, elles diffèrent d'un établissement à l'autre et elles changent avec la conjoncture. Un refus quelque part ne présage donc rien ailleurs, à revenus inchangés.
Face à ce silence, la seule attitude utile consiste à calculer votre propre montant, puis à faire étudier votre situation par plusieurs établissements plutôt que par un seul.
Le barème qui existe vraiment : la quotité saisissable des salaires
Il y a un cas où le droit fixe, au centime, ce qui doit vous rester. Ce cas est celui de la saisie sur salaire, quand un créancier a obtenu un titre exécutoire. Le barème est révisé chaque année et il est public. EmpruntGo l'a relevé le 7 septembre 2026 sur service-public.gouv.fr, page « Saisie sur salaire : le barème 2026 ».
| Rémunération mensuelle | Part saisissable | Montant maximum saisi sur la tranche |
|---|---|---|
| Jusqu'à 373,33 € | 1/20e | 18,67 € |
| De 373,33 € à 727,50 € | 1/10e | 54,08 € |
| De 727,50 € à 1 083,33 € | 1/5e | 125,25 € |
| De 1 083,33 € à 1 435,83 € | 1/4 | 213,38 € |
| De 1 435,83 € à 1 789,17 € | 1/3 | 331,15 € |
| De 1 789,17 € à 2 150,83 € | 2/3 | 572,26 € |
| Au-delà de 2 150,83 € | La totalité | 572,26 € plus tout ce qui dépasse 2 150,83 € |
Deux règles qui accompagnent ce tableau
La première protège votre foyer : chaque tranche est majorée de 145 € par personne à votre charge, sur justificatif. La seconde protège votre compte : votre banque doit y laisser automatiquement le solde bancaire insaisissable, égal au montant du revenu de solidarité active, soit 651,69 € quelle que soit la composition de votre famille. Les deux chiffres sont relevés le 7 septembre 2026 sur la même page.
Ce que ce barème dit, et ce qu'il ne dit pas
Il ne fixe pas de seuil d'octroi. Un prêteur reste libre de refuser un dossier qui laisserait 1 400 € au foyer. En revanche, il donne quelque chose que le marché ne donne pas : un plancher opposable, chiffré, daté, que vous pouvez vérifier vous-même sur votre bulletin de paie si une saisie est engagée. Un salaire de 1 600 € nets sans personne à charge laisse ainsi saisir un tiers de la fraction comprise entre 1 435,83 € et 1 600 €, en plus des tranches inférieures : l'employeur applique le tableau ligne par ligne, sans marge d'appréciation.
Ce barème sert aussi de plafond à un autre calcul, celui que fait la commission de surendettement.
Le reste à vivre de la commission de surendettement, lui, est encadré
Quand un dossier de surendettement est déclaré recevable, la commission calcule votre capacité de remboursement. Pour cela, elle détermine d'abord la part de vos ressources qui doit rester disponible pour vos dépenses courantes. Cette part porte le même nom de reste à vivre, mais elle obéit à des règles écrites, contrairement à celle d'un dossier de crédit.
Ce que le texte encadre
Les articles L.731-1 et L.731-2 du code de la consommation fondent ce budget de vie courante, et les barèmes de dépenses figurent aux articles R.712-10 et R.712-11. L'Institut national de la consommation, relevé le 7 septembre 2026, résume les deux bornes : la part laissée au débiteur ne peut pas descendre en dessous du montant du revenu de solidarité active correspondant à la composition du foyer, et elle ne peut pas dépasser les plafonds de la quotité saisissable, le tableau de la section précédente.
- Le logement et l'énergie. Loyer, électricité, gaz, chauffage, eau, retenus pour leur montant réel sur justificatifs.
- La nourriture et la santé. Évaluées de façon forfaitaire par les barèmes réglementaires, pas au réel.
- La scolarité, la garde et les déplacements professionnels. Les postes qui permettent de continuer à travailler et à élever ses enfants.
- Les impôts et les pensions alimentaires versées. Retenus pour leur montant réel, eux aussi.
Pourquoi la confusion entre les deux notions coûte cher
Une personne qui lit « le reste à vivre minimum est de 700 € » et qui constate qu'elle en a 640 € en conclut souvent qu'elle est bloquée partout. En réalité elle mélange deux univers. Le montant du dossier de crédit dépend d'une règle interne que le prêteur ne publie pas. Le montant de la commission dépend d'un texte, et il se calcule sur des justificatifs, gratuitement, par un service public. La saisine de la commission est gratuite du dépôt à la décision. Les Points conseil budget, labellisés par l'État, accompagnent ce calcul sans rien facturer, et la Banque de France répond au 34 14 du lundi au vendredi. Aucun service payant n'a de rôle dans cette partie du sujet.
Calculer le vôtre en dix minutes, et lire le résultat
Le calcul se fait avec trois documents : votre dernier bulletin de paie, votre quittance de loyer et le tableau d'amortissement ou le relevé de chacun de vos crédits. Comptez dix minutes.
- Additionnez vos revenus nets stables. Salaires, pensions, revenus fonciers si vous en avez. Laissez de côté ce qui est ponctuel.
- Retirez votre logement. Loyer charges comprises, ou mensualité de prêt immobilier plus les charges de copropriété.
- Retirez toutes vos mensualités de crédit. Auto, travaux, prêt personnel, et le montant que vous remboursez réellement sur vos réserves d'argent.
- Retirez vos pensions versées et votre impôt mensualisé.
- Divisez le résultat par le nombre de personnes du foyer. C'est ce chiffre-là qu'un analyste regarde, pas le total.
Un cas déroulé
Une assistante de direction élève seule son fils de treize ans. Elle perçoit 1 940 € nets par mois. Son loyer charges comprises est de 620 €. Elle rembourse 210 € sur un crédit auto et 175 € sur une réserve d'argent, soit 385 € de mensualités. Elle n'est pas mensualisée pour l'impôt et ne verse aucune pension. Son reste à vivre s'établit donc à 935 € pour deux personnes, soit 467,50 € par personne et par mois. Ramené à la journée, cela fait 15,58 € par personne, ce qui répond à une question que les moteurs de recherche posent souvent et que les pages du top laissent sans réponse.
Ces 935 € doivent couvrir l'alimentation, l'énergie, l'assurance habitation, la mutuelle, les transports, les fournitures scolaires et l'imprévu. Le chiffre ne se juge pas dans l'absolu : il se compare à ce que ce foyer dépense réellement, relevé sur trois mois de compte. Un budget tenu à 780 € de dépenses courantes laisse une marge. Le même budget tenu à 1 050 € signale que le découvert est structurel.
Une fois ce montant connu, la question devient concrète : peut-il remonter, et à quel prix.
Faire remonter son reste à vivre : quatre leviers et leur facture
Un reste à vivre se redresse en agissant sur les deux lignes du calcul. Les revenus bougent lentement. Les charges, plus vite, mais chacune a un coût qu'il faut connaître avant de choisir.
Allonger la durée
C'est le levier le plus puissant et le plus cher. Sur 40 000 € au taux débiteur de 7,30 %, hors assurance et hors frais, passer de 84 à 180 mensualités fait tomber la mensualité de 610 € à 366 €, ce qui rend 244 € par mois à votre reste à vivre. En contrepartie, les intérêts passent de 11 206 € à 25 929 € sur toute la durée (calcul EmpruntGo, hypothèses annoncées). Vous achetez de la respiration mensuelle avec du coût total.
Solder la ligne la plus courte
Un crédit auto auquel il reste huit échéances pèse autant, chaque mois, qu'un prêt de dix ans. Le solder par anticipation libère la mensualité entière. En crédit à la consommation, l'indemnité de remboursement anticipé est plafonnée à 1 % du capital remboursé, ramenée à 0,5 % s'il reste moins d'un an à courir, et aucune indemnité n'est due si vous remboursez moins de 10 000 € sur douze mois (code de la consommation, articles D.312-1 et L.312-34).
Fermer les réserves d'argent
Une réserve utilisée coûte cher : les seuils de l'usure applicables au 1er juillet 2026 autorisent jusqu'à 23,53 % pour un prêt de trésorerie inférieur à 3 000 €, et 15,67 % entre 3 000 et 6 000 € (Banque de France, seuils 2026-Q3). Une fois la réserve soldée, la fermer évite qu'elle se remplisse à nouveau au premier imprévu.
Renégocier le logement
C'est souvent la plus grosse ligne de charges. Sur un prêt immobilier, l'assurance emprunteur se résilie à tout moment depuis la loi du 28 février 2022, sans questionnaire de santé en dessous de 200 000 € assurés par personne et pour un remboursement avant 60 ans. Le gain mensuel va directement dans votre reste à vivre, sans allonger la moindre durée.
Calculez votre montant avant de demander quoi que ce soit. Comparez ensuite plusieurs établissements, puisque chacun applique une règle interne qu'il ne publie pas. Et si le calcul montre que même la durée maximale ne suffit plus, la commission de surendettement traite gratuitement ce que le crédit ne sait plus traiter.
Le bon ordre reste celui-là : mesurer, comparer, puis décider.
Les questions que vous nous posez
Quel montant pour le reste à vivre ?
Aucun texte n'en fixe pour l'octroi d'un crédit, et pas un établissement ne publie sa grille. Les fourchettes qui circulent viennent d'éditeurs privés qui se contredisent : le relevé du 7 septembre 2026 montre plus de 14 % d'écart entre le plancher le plus bas et le montant le plus élevé cités pour une personne seule, et aucune source de part ou d'autre.
Quelle différence entre taux d'endettement et reste à vivre ?
Le taux d'endettement est une proportion : vos mensualités rapportées à vos revenus. Le reste à vivre est un montant en euros, ce qui subsiste une fois le logement et les crédits payés. Deux foyers au même taux peuvent avoir des restes à vivre très différents, parce que le même pourcentage ne pèse pas pareil selon le niveau de revenu.
Existe-t-il un reste à vivre minimum légal ?
Pour obtenir un crédit, non. Pour une saisie sur salaire, oui : le barème publié par service-public.gouv.fr, relevé le 7 septembre 2026, fixe la part saisissable par tranche, majore chaque tranche de 145 € par personne à charge, et laisse sur votre compte un solde bancaire insaisissable de 651,69 €.
Comment calculer son reste à vivre par jour ?
Prenez vos revenus nets stables, retirez le logement, les mensualités de crédit, les pensions versées et l'impôt mensualisé. Divisez le résultat par le nombre de personnes du foyer, puis par trente. Un foyer de deux personnes qui conserve 935 € par mois dispose de 15,58 € par personne et par jour.
La commission de surendettement applique-t-elle un barème de reste à vivre ?
Elle applique des règles écrites, ce qui la distingue d'un dossier de crédit. Les articles L.731-1 et L.731-2 du code de la consommation fondent le budget de vie courante, les barèmes figurent aux articles R.712-10 et R.712-11, avec un plancher au montant du RSA selon la composition du foyer et un plafond fixé par la quotité saisissable.
Les allocations familiales comptent-elles dans le reste à vivre ?
Cela dépend de l'établissement. C'est une des raisons pour lesquelles deux simulateurs donnent deux résultats sur le même budget. Beaucoup les écartent du calcul d'octroi parce qu'elles cesseront avec l'âge des enfants. Vérifiez toujours quelles lignes un simulateur retient avant de comparer son résultat à un autre.
Nos sources
- Haut Conseil de stabilité financière — décision n° D-HCSF-2021-7 : 35 % d'endettement assurance comprise, 25 ans maximum, 20 % de dérogations — consulter la source
- Code de la consommation — consulter la source
- service-public.fr — délai de grâce : le juge peut reporter ou échelonner le paiement dans la limite de deux ans (code civil, art. 1343-5) — consulter la source
- Banque de France — seuils de l'usure du 3e trimestre 2026, applicables aux contrats conclus à partir du 1er juillet 2026 — consulter la source
